Théisme

Le principe actif du thé est la théine, isomère de la caféine, la caféine commerciale, du reste, étant extraite des thés inférieurs.

Il existe deux sortes de thé : le thé vert et le thé noir, ce dernier soumis à des fermentations qui réduisent sa teneur en théine (de 5 à 2%), mais ajoutent de nombreux produits toxiques encore indéterminés (Perrot).

Edmond Sergent, en 1941, par des expériences très précises à l’institut Pasteur sur de lots de souris, a démontré que le thé noir était beaucoup plus toxique que le thé vert et que le mode de préparation intervenait aussi dans une importante mesure ; la décoction prolongée de feuilles est beaucoup plus toxique que la simple infusion. Théisme aigu : ce sont les mêmes symptômes que ceux du caféisme aigu.

Théisme chronique : Le théisme chronique, plus fréquent dans les pays anglo-saxons, a été décrit en Amérique par Morton en 1879, chez les dégustateurs de thé; puis chez les grand consommateurs par Balard, Eloy, Wood, King, Lander Brunton. Les accidents nerveux sont identiques à ceux du caféisme : excitation, puis dépression, vertiges, céphalalgies, crampes, névralgies très fréquentes (9 fois sur 10 pour Morton). Les phénomènes hallucinatoires et délirants peuvent s’observer, susceptibles d’aboutir à des réactions tragiques. D’après Gouget, l’abus du thé était relaté maintes fois comme facteur pathologique dans les statistiques des asiles d’Irlande.

On a signalé les mêmes désordres neurovégétatifs que dans le caféisme : troubles digestifs, arythmie, angor.

Il existe une cachexie théique grave dont Tunisie a fourni de nombreux exemples il y a quelques années. Des réfugiés tripolitains, vers 1912, avaient introduit l’usage du thé noir en décoctions prolongées et répétées durant toute la nuit et l’on vit passer l’importation de thé en Tunisie, de 5 tonnes en 1917 à 1.900 en 1937. Ces beuveries collectives durant toute la nuit prirent l’allure d’un véritable fléau social à rapide extension, laissant les populations sous-alimentées dans de véritables états de misères physiologiques et de déchéance sociale dont les Pouvoirs publics s’émurent. La déchéance mentale et les raptus hallucinatoires, leurs conséquences tragiques frappèrent les médecins (Gaubert, Mareschal), qui alertèrent les Pouvoirs publics. Mais au cours d’une discussion nord-africaine, les médecins du Maroc firent remarquer que les populations de leur pays qui boivent couramment du thé à la menthe ne présentaient jamais de telles manifestations d’intoxication subaiguë. La clef de cette énigme fut donnée par les expériences d’Ed. Sergent, citées plus haut : le Marocain ne buvait que du thé vert et en simple infusion; le Tunisien absorbait des décoctions répétées jusqu’à l’épuisement de grandes quantités de thé noir.

Ant. Porot

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"Le thé, bien que moqué par les âmes naturellement rustres, restera à jamais le breuvage privilégié des gens d'esprit." (John Adam Quincy, président américain, né en 1767 et mort en 1848). Image : © Megan Jorgensen

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