Thalamus

1. Considérations anatomophysiologiques

D’après les conceptions classiques, le thalamus, centrale principale des fonctions sensitivo-sensorielles, serait en même temps le centre physiologique de l’affectivité élémentaire (sentiments généraux et vitaux qui en sont inséparables). Avec les centres voisins du système neurovégétatif dans le diencéphale (et probablement aussi avec les centres psychomoteurs inférieurs du tronc cérébral), il forme simultanément aussi une sorte d’arc réflexe pour les réactions viscéro-affectives et instinctives et, dans un sens plus étendu, une grande centrale de commutation pour l’assemblage des processus instinctifs, sensorimoteurs, automatiques de la vie impulsive.

Depuis les travaux de Head et Holmes, on attribue au thalamus un rôle important dans la vie affective.

Pour Kretschmer, le thalamus, comme organe d’une importance essentielle, constitue le centre conscient pour certains éléments de la sensation. Il réagit à toutes les stimulations qui sont capables de provoquer un sentiment de plaisir ou de déplaisir ou de rendre consciente une modification dans l’état général. Le ton affectif des sensations somatiques ou viscérales est un produit de l’activité thalamique.

II. Le syndrome thalamique

a) L’hyperpathie thalamique : Dans le syndrome thalamique, quelle que soit son origine (vasculaire, encéphalitique, tumorale), il existe une hyperpathie très caractéristique de cette localisation : les souffrances du malade plutôt que les douleurs vraies à type névralgique sont des malaises pénibles, indéfinissables, à caractère souvent angoissant, désespérants par leur ténacité et leur durée, à peu près inaccessibles à tout traitement médicamenteux. Ces douleurs d’origine centrale intéressent les membres d’une moitié du corps, prédominant aux extrémités et respectant le plus souvent la face; elles ont cette particularité d’être exacerbées par toutes sortes d’excitations périphériques ou profondes, mais surtout par des excitations sensorielles (bruits, musique en particulier) et des états affectifs pénibles. Cette hyperpathie semble étroitement rattachée aux oscillations de la vie affective. Quand la lésion est bilatérale, il s’y ajoute souvent des troubles de la mimique expressive (rire et pleurer spasmodiques), mais, en ce cas, la lésion atteint généralement les fibres thalamocorticales et le putamen.

Cette tendance à réagir exagérément aux stimuli désagréables a pour conséquence une majoration nette de la douleur du côté affecté, ce qui avait fait dire à Kuppers : « L’homme ayant une affection thalamique unilatérale possède à gauche une autre âme qu’à droite ».

On a signalé aussi comme troubles tardifs une apathie profonde en rapport avec des lésions dégénératives bilatérales (Stern et Grunthal), des modifications de l’humeur, des troubles de l’attention, etc.

Le thalamus joue sans doute un rôle dans certaines cénestopathies unilatérales et dans certains syndromes hémialgiques avec composante psychique du type cénestopathique. Mais il n’intervient pas dans les troubles du schéma corporel (Lhermitte, Ajuriaguerra et Hecaen).

b) Autres symptômes d’ordre neurologique : Rappelons enfin les autres signes purement neurologiques du syndrome thalamique : hémiplégie passagère à séquelles discrètes, troubles objectifs de la sensibilité profonde ou généralisée à tous les modes, mouvements choréo-athétosiques, hémiataxie, hémianopsie homonyme, latérale dans le syndrome de l’artère cérébrale postérieure (Ch. Foix).

c) Thérapeutique : Les analgésiques courants sont sans grande efficacité sur ces douleurs tenaces et très particulières à dominante angoissante. L’usage des stupéfiants peut apporter quelques soulagements mais passagers et qui, dans certains cas, pourraient conduire à la toxicomanie, ce qu’il faut éviter.

La leucotomie préfrontale est surtout la topectomie portant sur les aires 9 et 10, en relation avec le thalamus, on eut dans quelques cas d’heureux résultats sur les douleurs thalamiques et leurs résonances affectives (Freemann at Watts, Pool, Le Beau).

Tout récemment, des essais de thalamotomie directe, grâce à des appareils de repérage précis, ont donné des résultats encourageants (Talairach).

Ant. Porot

cerveau jaune et rose

« Le cerveau qui s'en va, impossible de le retenir. C'est comme si un pissenlit voulait rattraper ses poils. » (Jules Renard, écrivain français, né en 1864 et mort en 1910). Image : © Megan Jorgensen

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