Syndrome en psychiatrie

Notion assez employée en psychiatrie, définie ainsi par Dupré : « Un syndrome est un groupement nosographique fondé sur la coexistence habituelle et la subordination logique des symptômes ; c’est un tout, une unité clinique, dont les éléments sont rapprochés entre eux par des liens d’affinité naturelle ». Guiraud en donne une définition de même sens : Un syndrome n’est pas une juxtaposition de symptômes fortuite… la solidarité des symptômes ne s’explique que quand on a trouvé la clé pathogénique. Exemples : syndromes confusionnels, syndromes démentiels, syndromes périodiques à bases anatomophysiologiques ou étiopathogéniques connues.

La description de tels groupements symptomatiques s’oppose à l’isolement d’entités morbides, « tentation ambitieuse et toujours stérile, surtout en psychiatrie »; elle s’oppose aussi à la description isolée du symptôme, sur laquelle elle marque un progrès » (Dupré).

Le syndrome, notion intermédiaire entre symptôme et entité, peut se révéler particulièrement précieux pour une classification psychiatrique, à base clinique relativement stable et indépendante de tout particularisme doctrinal (Guiraud). L’exemple de l’hystérie au siècle dernier d’une part, celui tout actuel de la schizophrénie (succédant à la démence précoce) montrent les difficultés rencontrées en élèvent, de façon peut-être trop hâtive, certains groupement symptomatiques au rang d’entité : l’évolution des idées ou des connaissances a pour conséquence leur démembrement : on parle couramment de syndromes hystériques, et de plus en plus de syndromes schizophréniques.

D’autre part, la diversité des attitudes doctrinales entraîne souvent des contradictions dans la place attribuée à telle de ces entités à l’intérieur des cadres nosologiques. Un syndrome peut y trouver par contre plus facilement sa place : exemple : le syndrome de Korsakoff étudié isolement d’abord, a pu être intégré ultérieurement au groupe des encépalopathies carentielles d’origine alcoolique, en raison de leur origine commune.

Mais la rigidité de ces cadres s’accommode plus ou moins bien parfois de formes de passage entre ces entités comme de formes cliniques des syndromes eux-mêmes (syndromes catatoniques, syndromes confuso-oniriques, syndromes hallucinatoires).

En définitive, une telle tendance à la description de syndromes semble caractériser la psychiatrie contemporaine (comme d’ailleurs la médecine générale) rendant plus souples et plus perméables les limites entre les grandes entités nosologiques, et permettant le retour à une pathologie « humanisée, plus synthétique, plus hippocratique » (H. Ey). On peut y voir aussi une position d’attente, simplement raisonnable, vers une précision plus grande de nos connaissances.

M. L. Mondzain

syndrome en psychiatrie

« L'âme humaine ne s'explique pas par la psychologie. Elle ne peut être expliquée, elle est à vivre. » (Tahar Ben Jelloun, écrivain marocain). Image : © Megan Jorgensen

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