Spontanéité

Projection directe et naturelle sans sollicitation extérieure de toutes les formes de l’activité psychique : élans affectifs, curiosité intellectuelle, initiatives et entreprises. Les manifestations spontanées s’opposent aux manifestations provoquées ou réflexes.

La spontanéité est fonction de l’élan vital dont elle donne en quelque sorte la mesure.

E. Minkowski, envisageant d’une façon à la fois plus réduite et plus précise non le terme de « spontanéité » qu’il juge trop extensif, mais le « mouvement spontané », tel qu’il s’offre dans la vie, souligne qu’il « part de lui-même sans être ni réflexe ni automatique, véritable jaillissement qui vient comme un éclair bien souvent, projeter sa luminosité intense et exceptionnelle sur notre vie intérieure » sans que se pose même la question de son origine immédiate.

La spontanéité telle que nous l’avons définie, se trouve à son maximum d’épanouissement chez l’enfant et on la voit s’affaiblir et se réduire chez le vieillard. En clinique, elle s’émousse rapidement dans les états de ralentissement intellectuel et d’affaiblissement démentiel ; il faut savoir détecter précocement sa carence, au besoin à l’aide de tests de détérioration, car elle peut être masquée par des automatismes de comportement et de mimiques trompeurs.

Dans tous les états de désolation rapides et passagers de la personnalité, en particulier, la confusion mentale, la spontanéité subit une éclipse, mais son retour est un signe précieux de guérison.

La spontanéité peut être simplement inhibée dans certains cas (inhibition émotive) et reprendre son élan une fois le blocage levé. La névrose obsessionnelle lui dresse des barrages intermittents et localisés.

La psychasthénie, l’aboulie, les états dépressifs freinent considérablement les élans et les initiatives. Si le maniaque se caractérise par une spontanéité exubérante et désordonnée dans tous les domaines, le mélancolique, au contraire, est parfois inhibé jusqu’à la stupeur.

Enfin, dans les processus lentement et progressivement dissociatifs, comme la schizophrénie, les manifestations de la spontanéité ne s’extériorisent plus, ou ne le font que par phases discordantes et incompréhensibles : le plus souvent elles font l’objet de circuits fermés, dans l’autisme du sujet.

Ant. Porot

spontaneité

« Une passion ne souffre ni organisation ni prévoyance ; elle n'est que folle témérité, risque et spontanéité. » (Alain Gagnon, écrivain québécois. Isle ou Salmacis avortée). Image : © Megan Jorgensen

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