Relaxation (Thérapeutiques de)

La relaxation désigne le relâchement musculaire que l’on cherche à provoquer dans un but thérapeutique pour obtenir la détente de tensions psychomotrices anormales, qu’elles soient diffuses ou localisées.

Cette conception repose sur ce principe fondamental que nos attitudes et notre comportement, réglés par le jeu du tonus et des contractions musculaires, ne sont que la traduction extérieure de nos activités psychiques et spécialement de nos états affectifs. Il existe en effet une remarquable relation entre tonus affectif, tonus végétatif interne ou tonus externe ou musculaire; ainsi que l’a fait remarquer Kretschmer, le contrôle du tonus et sa maitrise sont un aspect de la personnalité profonde.

Il était logique de penser qu’en agissant sur la composante motrice du complexe psychomoteur, on obtiendrait une modification parallèle de la composante affective ou caractérielle.

Le sommeil normal est le plus bel exemple des dissolutions conjointes du tonus musculaire et de l’activité psychique.

Ainsi ne doit-on pas s’étonner qu’en application de cet exemple on ait cherché en provoquant un sommeil artificiel à modifier ou à se rendre maître du psychisme de certains sujets : cures de sommeil, subnarcose, hypnotisme…

Différentes méthodes ont codifié par des formules diverses une thérapeutique visant principalement au relâchement musculaire propice à des détentes psychique et à des rééducations psychomotrices. Toutes ces méthodes font appel à des conditions préparantes de repos allongé avec réduction au minimum de tous les stimuli extérieurs (bruit, lumière, etc.); toutes comportent des séances quotidiennes et un entraînement qui dure plusieurs semaines ou plusieurs mois suivant les cas.

Ajuriaguerra et Garcia Badarraco, qui en ont donné une bonne revue d’ensemble (Pr. Méd. : 61 : 316, 1953), distinguent :

a) La méthode de Jacobson ou de « relaxation progressive » vise surtout à faire prendre conscience par le sujet de son sens musculaire et des actions fonctionnelles de ses différents groupes moteurs pour lui en donner la maîtrise. Elle est surtout efficace dans certains désordres musculaires partiels (crampes fonctionnelles, tics, etc.);

b) La méthode de Schultz ou d’« autorelaxation concentrative » vise à fixer l’attention du sujet par paliers progressifs et extensifs sur ses différents membres, dont il doit éprouver une sensation subjective de chaleur vaso-dilatatrice. Après plusieurs mois d’auto-suggestion et d’entraînement, il doit s’appliquer à provoquer une sensation de relâchement cardiaque et respiratoire ;

c) La méthode de Kretschmer ou d’« hypnose active fractionnée » emprunte aux précédentes ses exercices de relaxation, mais s’inspire surtout des anciens procédés hypnotiques de la fixation tout en cherchant à en éviter les inconvénients. Le patient étant parvenu à l’état hypnoïde on peut s’orienter dans différentes voies : analytique cathartique, abréactions de complexes, influences verbales en vue de déconnexions psychosomatiques, suggestions de buts à réaliser (formelhafte Vorsatzbildung). Le réveil se fait peu à peu et par la parole suivant la technique habituelle.

En définitive ces méthodes ont des indications très étendues, s’adressant tantôt à des désordres psychomoteurs bien définis dans leur formule : spasmes, tics, crampes, contractures diverses ; tantôt à des états nerveux à dominante psychique : tension anxieuse, rigidité caractérielle, labilité d’humeur, etc. Leur domaine a été élargi récemment dans le vaste champ de la médecine psychosomatique.

Ant. Porot

relaxation

La relaxation désigne le relâchement musculaire que l’on cherche à provoquer dans un but thérapeutique pour obtenir la détente de tensions psychomotrices anormales, qu’elles soient diffuses ou localisées. Image : © Megan Jorgensen

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