Réalité ou illusion : La question reste posée

La psychologie de la perception est une des branches les plus intéressantes de cette discipline. La perception humaine n’a guère de crédibilité absolue, mais on se fie quand même aux cinq sens perceptifs pour juger de l’exactitude de cette affirmation. Cette situation fait penser au cercle vicieux décrit par le personnage de l’alcoolique rencontré par Le Petit Prince de Saint Exupéry. Si la compréhension du monde extérieur est basée sur des incertitudes, l’être humain n’est-t-il pas voué à une éternité de questionnement et d’ambiguïté?

Cette question ne peut être répondue définitivement, tout comme il est impossible de résoudre assurément plusieurs énigmes philosophiques. Cependant, la science est basée sur le questionnement et l’essai. Donc, l’ignorance colossale de l’espèce humaine face à l’immensité de l’univers et des systèmes qui le composent, pourrait être une des raisons pour lesquelles, du moins sur cette planète, l’évolution de l’homo sapiens s’est démarquée considérablement.

Baillargeon met en évidence plusieurs erreurs de raisonnement; certaines de ces failles sont peu connues, d’autres sont très courantes. L’histoire de l’humanité a trop de fois prouvé que l’erreur est humaine, et ce dans tous les champs de l’existence. Le troisième chapitre du Petit cours d’autodéfense intellectuelle traite surtout de notions psychologiques. Vu d’un angle particulier, cela peut servir comme prémisse pour affirmer que des connaissances en cette science de l’âme peuvent être un outil d’autodéfense intellectuelle.

Certains films Hollywoodiens, et c’est surprenant, touchent aussi l’incertitude collective sur la véracité de la perception sensorielle. Par exemple, La Matrice, ou similaires mais moins popularisés Existence et 13eme Étage, traitent du sujet presque inconcevable d’une réalité existentielle dramatiquement différente de celle établie, et ce pour des erreurs cognitives, sensorielles et perceptives.

Baillargeon relate de l’expérience de Asch dans laquelle des sujets affirmaient la mauvaise réponse juste pour « se [rallier] a l’opinion du groupe; 75% se ralliaient au moins une fois ». Plusieurs recherches similaires confirment ces résultats, à tel point que, cette pratique inquiétante est devenue un des concepts focaux en psychologie sociale. L’expérience de Milgram, décrite par l’auteur,  témoigne des « méfaits possibles de la soumission aveugle à l’autorité ». Ici encore, cette fameuse leçon de Milgram est parmi les plus souvent citées aux élèves au collégial. Cette histoire terrifie la conscience communautaire en exposant la face cachée d’individus ordinaires. Pour ses travaux de recherche, Milgram s’est inspiré  de l’obéissance du peuple allemand au régime Nazi pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Le chercheur voulait mettre en évidence que l’obéissance à l’autorité, même si cette autorité ordonne de commettre des actes atroces ou d’infliger du mal  à autrui, est une caractéristique humaine fondamentale et majoritaire.

Est-ce vrai ? Certains critiques de Milgram affirment qu’on ne peut se baser sur de tels aboutissements car le fait même que ce soit une expérience scientifique en laboratoire modifie le comportement des sujets. Les participants qui continuaient à donner des chocs électriques assumaient peut-être que les scientifiques responsables du projet ne laisseraient personne se faire du mal pour de vrai. Cette explication ne réjouit que partiellement, car c’est encore un cas d’aveuglement, il s’agit ici de la confiance aveugle en la science moderne.

realité et illusions

Quelle joie de gagner une somme inattendue! Mais quelle déception quand on s'attendait à recevoir plus… (Mark Twain). Image : © Megan Jorgensen

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