Orgueil

Gauchissement instinctif de la personnalité, l’orgueil est dans la surestimation par l’individu de ses vertus réelles ou supposées.

Dans l’orgueil, l’hypertrophie du Moi persuade sincèrement le sujet de ses droits à l’estime, sinon à la reconnaissance d’autrui.

L’orgueil s’apparente à la vanité. Il est en lui-même l’amorce et le noyau de la mégalomanie, le moteur primitif de l’ambition et l’un des éléments de la constitution paranoïaque. C’est un terrain d’élection pour la méfiance et les idées de persécution.

Dans la vie individuelle courante, l’orgueil comporte des conséquences fâcheuses pour l’adaptation sociale. Il se manifeste habituellement par l’intolérance, la tyrannie et le despotisme, l’abus d’autorité dans tous les domaines (politique, professionnel, privé). La morgue et l’hostilité méprisante ne sont pas les moindres démonstrations qui rendent l’orgueilleux d’un commerce désagréable, fût-il homme de génie.

Aussi le passage au délire dans l’évolution d’une psychose paranoïaque chez un prédisposé constitutionnel peut-il être difficile à saisir sur le seul critère de l’insociabilité. Il est d’ordinaire méconnu, surtout par l’entourage.

Les formes collectives de l’orgueil se traduisent par le chauvinisme qui, sur le plan historique, a eu parfois des conséquences regrettables.

L’orgueil s’observe en pathologie mentale, en dehors de sa forme simple et des états paranoïaques, dans les diverses psychoses où une certaine excitation accompagne un fléchissement de l’autocritique (manie aiguë, paralysie générale à forme ambitieuse, quelques états séniles). Il est banal chez les imbéciles.

Ch. Bardenet

vanité

« La vanité est l’écume de l’orgueil. » Alphonse Karr (1808-1890), écrivain français. Image : © Megan Jorgensen

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