Opposition

1. D’une façon générale, on donne le nom d’opposition aux attitudes et aux réactions que certains malades présentent à l’occasion des sollicitudes extérieures. C’est, à ce point de vue, une forme active du négativisme : opposition à l’interrogatoire par le mutisme, opposition aux sollicitations motrices par le raidissement et la contracture, parfois par le retrait ou la fuite et aussi, quelquefois, par une décharge agressive.

L’opposition à l’alimentation se fait par le resserrement des mâchoires ou le rejet immédiat des aliments introduits de force. Le refus d’alimentation de certains détenus politiques est un autre aspect de l’opposition volontaire (v. Grève de la faim). On dit souvent que les négativistes sont des « opposants ». Cette opposition est, le plus souvent, commandée par une idée délirante ou une exaspération affective qui se renforce à la mesure des sollicitations. On la rencontre chez certains délirants persécutés, chez les paranoïaques, chez certains mélancoliques et maniaques dans la catatonie quelle qu’en soit la nature; chez le dément précoce et, parfois, dans certains états démentiels séniles.

2. Réaction d’opposition chez les jeunes sujets : À côté du rôle de l’imitation dans le développement intellectuel, moral et caractériel de l’enfant, Heuyer a souligné l’importance d’un autre mécanisme contraire au précédent : la réaction d’opposition.

L’enfant prend le contre-pied de ce qui lui est offert, suggéré ou commandé. Cette réaction suppose une compréhension suffisante pour percevoir et sentir certaines situations révélées, devinées ou soupçonnées. Mais elle repose essentiellement sur l’intensité de la vie affective et se trouve au maximum chez les émotifs.

Si l’imitation est fonction de la sympathie que le sujet éprouve à l’égard du modèle, la réaction d’opposition est conditionnée par l’aversion ou l’antipathie que certaines circonstances ont fait naître à l’égard du modèle offert à l’enfant. Elle n’a pas toujours l’apparence du réflexe explosif immédiat; elle peut se traduire par la révolte du paranoïaque ou par un état dépressif mélancolique; par la rêverie du schizoïde, par la délinquance de forme perverse. La révolte et l’indiscipline sont d’autant plus marquées que l’autorité est plus brutale. Les réactions antisociales sont fonction du caractère de l’enfant et de l’adolescent.

Cette notion de réaction d’opposition est indispensable pour comprendre la délinquance et la criminalité de certains enfants ou adolescents qui n’avaient pourtant reçu, dans le milieu familial et social, que de bons préceptes et de bons exemples. Elle explique aussi le développement ultérieur de certains états psychonévrosiques ou caractériels graves. Aussi importe-t-il de chercher à la détecter précocement et le recours à la psychanalyse peut-il être d’un grand secours.

2. Ajoutons enfin que cette notion de réaction d’opposition a été étendue à l’explication de certains courants sociaux ou politiques, voire littéraires ou artistiques. En France, les mouvements de Résistance pendant l’occupation allemande lui doivent un de ses leviers puissants chez des sujets que rien, par ailleurs, ne prédisposaient à la combativité ou même à l’hostilité systématique (Heuyer). Elle explique certaines manifestations de la psychologie des foules (Gustave Lebon) et certaines psychoses collectives.

Ant. Porot

fille parfaite

Sur le chemin de la perfection, tu te rendras sûrement à l'étape - "très bien". Regarde bien autour de toi te fais comme chez toi, car tu n'iras probablement pas plus lois (Bill Withers, Still Bill). Image : © Megan Jorgensen

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