Négation (idées de), (délires de)

Elles consistent à ne pas reconnaître la réalité, même évidente : par exemple, le malade déclare qu’il ne respire plus, que son cœur ne bat plus, qu’il n’a plus d’intestin, qu’il est mort; le monde extérieur peut faire l’objet du même thème délirant et le sujet nie l’existence des objets, des événements de l’actualité; il conclut fréquemment que rien n’existe.

Sous une forme épisodique, ces idées se rencontrent dans la mélancolie anxieuse, certaines formes d’hypocondrie délirante ou de démence (paralysie générale en particulier) et dans certains états confusionnels.

Leur pronostic, classiquement défavorable, dépend de l’affection en cause et de la précocité du traitement. On ne compte plus les guérisons des affections précédentes, énergiquement traitées par les méthodes modernes étiologiques ou de choc.

Il existe un délire systématisé de négation qui se rencontre dans les états mélancoliques, surtout dans les états mélancoliques d’involution, et qui comporte un pronostic généralement plus sérieux. Il s’accompagne alors d’idées d’énormité et constitue ce qu’on appelle le « syndrome de Cotard ».

Sous le nom de délire pseudo-symbolique de négation, René Charpentier a rapporté le cas de quelques femmes d’un certain niveau social qui, ayant tendu tous leurs efforts vers une brillante carrière (étoile ou vedette), ont vu leurs ambitions brisées par des échecs ou des obligations sociales. Elles parlent de ce personnage dans lequel elles s’étaient incarnées, comme d’un être réel, disparu et qu’elles identifient à leur propre personne.

Ce thème délirant reste fixe et sans affaiblissement au cours de l’existence, mais n’a pas de marche extensive et n’influe pas sur la personnalité qui reste, par ailleurs, normale dans son comportement social.

H. Aubin

silencieux

Je n’ai jamais rien appris pendant que je parlais (Larry King, animateur de la TV américaine). Image : © Megan Jorgensen

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