Magnicide

Le magnicide est un attentat contre la vie d’un haut personnage de l’État (voir Homicide).

Le terme désigne également l’auteur de cet attentat. Ainsi, Charlotte Corday exécutant Marat; Louvel poignardant le duc de Berry, pour ne citer que des exemples historiques, furent des magnicides.

Le magnicide est de tous les pays et de toutes les –poques. Il s’explique souvent par des conditions révolutionnaires où il devient difficile de distinguer les influences du fanatisme partisan et de l’exaltation individuelle de l’auteur, de séparer le complot subversif ou l’héroïsme national du geste pathologique.

Mais, dans des cas précis, éclairés par une documentation suffisante, l’étude psychologique ou l’examen psychiatrique du criminel (Louvel, Salsou, Sandon, etc.), permettent de situer l’auteur au rang des paranoïaques réformateurs.

Le magnicide paranoïaque apparaît constamment comme inadapté social. Il agit presque toujours seul : c’est dans la solitude et le secret qu’il médite, mûrit, prépare et exécute son action.

Régis distingue, dans une étude classique et pénétrante, deux types de magnicides. Les uns sont des persécutés persécuteurs courants. Croyant avoir à se plaindre de quelque ministre, haut fonctionnaire ou dignitaire, ils obéissent à des mobiles égocentristes, personnels, en réalisant leur vengeance. D’autres, élargissant le débat par une sorte de transfert à double sens, identifiant leur propre cause à celle de tout un peuple ou de toute une classe, prenant à leur compte personnel l’oppression qui pèse sur la collectivité (Genil-Perrin) et s’érigeant en mandataires des malheureux, se font volontiers les justiciers de la tyrannie.

Ce sont les persécuteurs ambitieux. Leur geste apparaît pur de tout intérêt particulier. En fait, leur désir de réformer l’ordre social ou simplement d’attirer l’attention sur une iniquité procède du mécontentement et de la vanité insatisfaite. Il est constant de voir  leur orgueil s’étaler pendant leur jugement, soutenir le dédain dont ils accablent le Pouvoir ou le bourreau, auréoler leur « martyre ».

Ch. Bardenat

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