Introspection

Exploration que le sujet fait volontairement dans le domaine de sa vie intérieure. Cette opération nécessite le détachement au moins momentané du monde extérieur, la concentration de l’attention sur l’intimité de moi.

La « connaissance de soi-même » était un précepte de la sagesse antique dont la valeur reste éternelle et qu’ont soulignée tous les moralistes. Aussi la voit-on s’intégrer dans beaucoup de disciplines individuelles et collectives, philosophiques ou religieuses : les examens de conscience, la réflexion, la méditation sont fonction de l’introspection.

Rappelons aussi que, jusqu’à l’avènement des méthodes objectives et de la psychologie expérimentale, la psychologie traditionnelle s’est édifiée sur les seules données de l’introspection, qu’il s’agisse de l’existence de l’âme (Cogito, ergo sum, de Descartes) jusqu’aux Données immédiates de la conscience, de Bergson. Mais la faiblesse de cette source d’information réside dans son caractère trop individuel et trop subjectif et dans le fait qu’elle ne tient pas suffisamment compte des incidences de l’inconscient et du subconscient dont le rôle est si grand et si déterminant dans le comportement de l’individu.

Tous les sujets ne possèdent pas au même degré des possibilités d’introspection : certains même en sont complètement dénués ; d’autres – au contraire – ont une inclination trop grande à rompre le contact avec le réel et à se complaire dans l’intériorisation. Encore est-il que, pour être valable et féconde, l’introspection exige une sincérité complète envers soi-même ; or, celle-ci peut être faussée par des ingérences affectives fâcheuses, par des déviations de la logique et tout ce que Dromard appelait « les mensonges de la vie intérieure » : jugements de tendance, raisonnements de justification.

Une tendance exagérée à l’introspection est fréquente chez les scrupuleux, les douteurs, les obsédés et chez beaucoup de psychasthéniques, constamment penchés sur leurs états d’âme pour les analyser, les critiquer et aussi chez certains schizoïdes. Elle se double parfois de tendances interprétatrices qui peuvent amorcer des délires et rangent ces malades dans la catégorie des « folies raisonnantes ».

L’auto-observation excessive doublée souvent d’inquiétude est une entrave fréquente chez eux à l’activité pragmatique.
Il est aussi toute une catégorie de sujets qui réagissent aux événements de la vie courante par une intériorisation excessive : ce sont les introvertis de Jung. Un degré de plus et c’est l’autisme des schizophrènes chez lesquels chez lesquels une rupture de contact avec le monde réel s’accuse de plus en plus et qui s’isolent dans l’enkystement de leur vie intérieure.

Ant. Porot

introspection

L’auto-observation excessive doublée d’inquiétude est une entrave chez les scrupuleux à l’activité pragmatique.  Illustration : © Megan Jorgensen.

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