Inhibition

1. Considérations générales. – L’inhibition est un processus fonctionnel actif qui suspend ou diminue la manifestation d’un dispositif physiologique.

Son intervention explique de nombreux phénomènes biologiques (anuries dites réflexes, impuissances sexuelles psychiques, blocage de réflexes tendineux, mort par inhibition, etc.) et son mécanisme (réversible en principe) s’oppose à celui de la lésion organique d’un appareil ou d’un système. Ses effets peuvent d’ailleurs se superposer pour les majorer (diachisis) ou les déformer, à ceux d’une destruction.

A l’état physiologique, dans les domaines neurologique et psychique, c’est par la mise en jeu successive ou simultanée des inhibitions et des facilitations (dynamogènie) que l’on peut interpréter en dernière analyse l’adaptation d’une réponse à un stimulus.

Du point de vue spécialement psychique, les inhibitions interviennent à l’évidence dans le fonctionnement de l’attention volontaire, des associations d’idées (en éliminant du champ de la conscience la masse des représentations inutiles). Elles rendent possible le refoulement. Ce sont encore pour une large part, des mécanismes d’inhibition induits qui rendent compte des effets de l’hypnotisme qui sont utilisés dans la narcothérapie conditionnée en applications des découvertes de Pavlov, dans les techniques de relaxation, etc.

Les inhibitions développées par l’expérience spontanée et l’éducation nous permettent de régler nos conduites en nous conformant à la fois à nos besoins (instincts) et aux exigences de la vie sociale (interdictions).

Le mécanisme inhibiteur peut être intéressé par les désordres pathologiques en des sens divergents : par excès, par défaut ou par dérèglement.

II. Les inhibitions en clinique psychiatrique. – 1) Nombreuses sont les situations morbides où l’on observe une exagération du processus. Ce sont les états d’inhibition proprement dits. Les syndromes dépressifs en offrent un aspect plus ou moins totalitaire.

Dans la mélancolie, on rapporte généralement à l’inhibition la baisse de l’attention dirigée et spontanée, le ralentissement du cours des idées et l’allongement du temps de réaction. Dans le domaine des perceptions, elle entraîne le doute, les illusions, les impressions d’étrangeté. Du point de vue moteur, malgré l’intégrité des effecteurs, elle provoque la lenteur et la rareté des actes allant jusqu’à l’inertie.

La bradykinésie et la bradypsychie sont les degrés mineurs du trouble par inhibition ; la stupeur en est le terme extrême que complique souvent le gâtisme.

L’inhibition est, en grande partie, responsable de la torpeur intellectuelle dans la confusion mentale et dans l’hypertension intracrânienne (des tumeurs, par exemple); de la viscosité psychique dans l’épilepsie chronique, des barrages de la pensée et de l’action dans les syndromes catatoniques de l’hébéphrénie.

inhiitions

Pas de prohibitions, pas d'inhibition (Citations de Megan Jorgensen). Image : © Univers.GrandQuebec.com

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