Incohérence

Manque de cohésion, c’est-à-dire de suite, de liaison logique dans les idées, les propos ou les actes.

L’incohérence apparaît chaque fois que le pouvoir de contrôle et de coordination disparaît, soit par suite d’une dissolution passagère ou prolongée de la conscience, soit par suite d’une détérioration organique cérébrale. Dans un cas comme dans l’autre, le sujet est livré à des automatismes de structure plus ou moins appauvrie.

Dans l’épilepsie, type de dissolution brutale de la conscience avant ou après la crise ou, mieux encore, à titre d’équivalent, on verra le sujet se livrer à des actes singuliers et sans but, à des gestes insolites ou discordants ou tenir des propos franchement incohérents.

Dans les états de confusion onirique, d’origine toxique ou infectieuse, l’incohérence des propos et des gestes traduit la rêverie imageante et désordonnée du malade qui mêle du reste souvent le rêve et la réalité.

Dans les états d’exaltation, dans la manie aiguë, en particulier, les idées se succèdent dans l’esprit du sujet à une cadence insolite et désordonnées, se bousculant, s’enchevêtrant dans un désordre tumultueux qui traduisent des propose décousus et inachevés et une gesticulation incongrue et débraillée.

Une incohérence moins tumultueuse, et simplement paradoxale, s’observe volontiers chez les schizophrènes. Chez les grands déments précoces, la dévastation mentale s’exprime toujours par une incohérence flagrante des propos et du comportement.

L’incohérence, permanente et grossière, est le propre des grands déments organiques ; le paralytique général dans ses propos, souvent achoppés et mal articulés, laisse encore transparaître des rudiments de mégalomanie qui contrastent avec sa misère organique. Le sénile apathique, dans ses rares propos, arrive à peine à construire une phrase correcte et sensée; mais le presbyophrénique, souvent bavard et animé, étale complaisamment ses propos contradictoires, ses fausses reconnaissances et ses fabulations. Les incongruités de sa conduite soulignent l’incohérence foncière de son esprit.

C’est chez les délirants chroniques que l’incohérence prend une grande valeur pronostique quand elle apparaît.

Dans les états de structure paranoïde, elle a une signification de dissociation mentale grave et définitive. Par contre, le vrai paranoïaque garde une vigueur intellectuelle et une logique dialectique qu’il utilise dans l’exploitation de ses erreurs initiales ou de ses fausses interprétations.

Ant. Porot

incoherence

L'incohérence d'un discours dépend de celui qui l'écoute. (« Monsieur Teste », par Paul Valéry, poète et philosophe français, né en 1871 et mort en 1945). Illustration : © Megan Jorgensen

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