Doute (folie du)

Névrose obsessionnelle dans laquelle l’élément affectif prend la forme du doute.

Le doute obsessionnel est l’une des variétés les plus pénibles et les plus graves d’obsession. Il entraîne un besoin constant et anxieux de vérification, un perpétuel recommencement des opérations les plus simples, pouvant provoquer un véritable épuisement.

Parfois le doute s’applique à un objet unique et précis : tel obsédé, chaque fois qu’il sort, craint de n’avoir pas fermé sa porte, tel médecin de d’être trompé dans la rédaction de ses ordonnances. D’autres fois, le doute s’étend à toute une catégorie d’objets, d’idées ou de situations, en particulier dans le domaine religieux où il prend généralement la forme du scrupule. Mais, le plus souvent, le doute embrasse toutes les activités du malade, introduisant dans les actes les plus simples un germe d’intolérable anxiété : il s’étend rétrospectivement au plus lointain passé, à une confession faite dans l’enfance et qui a peut-être été incomplète, à une déclaration sans importance, mais qui risque d’avoir été inexacte ; toute décision prête à d’interminables tergiversations et lorsque enfin, l’action est engagée, il apparaît aussitôt que la solution écartée était probablement la meilleure. Le domaine des sensations comme celui des connaissances ne recèle plus aucune certitude et certains malades en viennent à douter de leur propre existence.

Le doute obsessionnel, comme toute obsession, peut revêtir une forme transitoire, parfois liée à l’évolution de syndromes psychiatriques ou somatiques, dont il représente seulement un symptôme. Le plus souvent, il affecte une allure chronique et résiste aux thérapeutiques les plus diverses. La psychothérapie et, en particulier, la psychanalyse, viennent cependant à bout d’un nombre appréciable de cas.

J.- M. Sutter

le doute

« La pensée naît du doute. » (Laurent Genefort, auteur de science-fiction, Rézo). Image : © Univers.grandquebec.com

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