Ergotisme

Intoxication due à l’absorption de céréales panifiables parasitées par l’ergot.

Fréquente au Moyen Âge et jusqu’à la fin du Ier Empire, cette intoxication est devenue beaucoup plus rare au XIXe siècle, où l’on observa cependant de grandes épidémies en Russie et en Allemagne où cette affection fut l’objet d’importants travaux (Reformatsky, Heusinger, 1855 ; Heinemann, Siemens, Jahrmarker).

On doit une excellente revue générale et clinique de cette intoxication à Costedoat (An. Méd.Psych. 1933).

On distingue deux grandes formes cliniques : la forme gangréneuse et la forme nerveuse convulsive qui s’accompagne fréquemment de troubles mentaux (connue autrefois sous le nom de « Mal des ardents »).

Les accidents nerveux dans les formes aiguës durent de quelques jours à quelques semaines ; la mortalité varie suivant la gravité de l’intoxication entre 5 et 75%.

Après quelques prodromes (vertiges, céphalées, constriction et surtout angoisse) éclate souvent un délire onirique aigu avec hallucinations intenses et terrifiantes, extrême agitation, impulsions, raptus, suicide. L’épidémie de Pont-Saint-Esprit, dans le Gard (juillet-août 1951), a confirmé l’acuité et la violence de ces réactions hallucinatoires.

Dans les cas aigus, non mortels, on observe souvent des séquelles plus ou moins prolongées : bradypsychie, stupeur, persistance de quelques thèmes délirants postoniriques.

On a pu relever quelques signes neurologiques objectifs ; modification des réflexes, troubles de la sensibilité. On a trouvé à l’autopsie de certains cas des lésions d’endartérite oblitérante cérébrale et des thromboses des petits vaisseaux, parfois aussi des dégénérescences cellulaires ou des altérations des cordons médullaires.

Ant. Porot

ergotisme

L’ergotisme, ce n’est que la manie d’ergoter, de se servir des arguments en forme. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

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