Retardataires (Enfants)

D’une façon générale, on donne le nom de retardataires aux enfants qui manifestent un retard plus ou moins important dans le développement des fonctions sensorielles, motrices phonétiques et intellectuelles.

Passons en revue les différents éléments du développement normal :

Éveil sensoriel. – À la fin du 1er mois, l’enfant suit du regard ; un bruit le fait tressaillir, il commence à sourire. À 2 mois 1/2, le sourire est électif (l’idiot ne sourit pas).

Mouvement. – Dans les premières semaines, les mouvements ont un caractère hypertonique et athétoïde. À quatre mois se fait l’individualisation des mouvements de la main, avec un retard de vingt-six jours pour la main gauche (Tournay). À neuf mois, l’enfant se tient assis. Les premiers pas se font entre 12 et 15 mois. À 2 ans, l’enfant se relève seul s’il tombe.

Propreté. – À 15 mois, un enfant ne doit plus gâter, au moins dans la journée.

Langage. – L’apparition des premiers mots se manifeste vers l’âge de 18 mois. Les notions fournies par les sens, et particulièrement par la voie auditive, vont servir au développement de l’intelligence.

Intelligence. – Le développement intellectuel se caractérise d’abord par les perceptions actuelles, la reconstitution par la mémoire, les produits fabriqués par l’imagination, les notions concrètes et les abstractions symboliques.

Jusqu’à 7 ans, stade puéril : attention, mémoire, imagination.

De 7 à 11 ans, stade réfléchi : apparition du jugement et du raisonnement. « Âge de raison » du discernement légal (13 ans).

À 11 ans, stade d’assomption (Piaget) : on entre dans le stade rationnel.

Le nom d’ «enfants retardataires » est donné plus spécialement aux sujets qui, lors de la fréquentation scolaire, n’arrivent pas à suivre les classes correspondant à leur âge (« queues de classes ») et subissent, de ce fait, un décalage important.

Parmi ces retardataires, il y a à distinguer des cas assez différents :

a) Les vrais arriérés, déficients de l’intelligence, souvent porteurs de tares physiques et neurologiques, flagrantes ou discrètes.

b) Des insuffisants glandulaires ralentis : hypothyroïdiens ou hypophysaires, porteurs fréquemment de stigmates d’infantilisme, mais accessibles à des thérapeutiques hormonales.

c) Les enfants simplement retardés par une maladie prolongée, un mauvais état général : hypotrophiques, adénoïdiens, asthmatiques, insuffisants respiratoires, cardiopathes, anémiques et surmenés, syphilitiques héréditaires, etc.

d) Certains infirmes sensoriels ou du langage : myopes, astigmates ; sourds ou durs d’oreilles ; aphasiques ou paraphasiques, dyslexiques, bègues, etc.

e) Les cas de simple retard pédagogique : par fréquentation irrégulière de l’école ou changement fréquents d’écoles ; par abandon moral, négligence familiale; par erreur de classement.

f) Les enfants bien doués au point de vue intellectuel, mais que des troubles graves du caractère (turbulence, instabilité) ou une hypermotivité anormale voisine de la névrose, entravent dans leur application à l’étude. On peut ranger aussi dans ce groupe certains arriérés affectifs : enfants oubliés ou rabroués, terrorisés, inhibés dans leurs moyens.

g) Exceptionnellement, il y a comme causes de retard des paresses mentales pathologiques, par accès précoces de dépression constitutionnelle ou acquise, - première ébauche d’une psycasthénie ou d’une disposition périodique.

On voit donc toute l’importance et l’intérêt d’un examen médical et psychologique approfondis en présence d’un enfant signalé comme retardataire, - un certain nombre étant justiciables de thérapeutiques spéciales ou de redressements psychothérapiques.  La détermination du niveau mental à l’aide des tests devra toujours être faite.

En ce qui concerne les mesures d’assistance ou les dispositions pédagogiques à prendre pour les vrais retardataires arriérés, voir Arriération mentale.

Ant. Porot

retardataires

«L'enfance est un voyage oublié.» (Jean de La Varende, né en 1887 et décédé en 1953. Le Centaure de Dieu). Illustration : © Zvi Kaplan

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