Douleur morale

Rogues de Fursac faisait de la douleur morale le caractère spécifique qui opposait la tristesse «active » à la tristesse « passive ». Comme la douleur physique, la douleur morale tend à diminuer le champ de la conscience, à exclure les autres manifestations psychiques. Cette perturbation de la conscience peut aller jusqu’à une certaine désorientation ou à des états d’obnubilation confusionnelle. Il y a concentration pénible de l’affectivité sur une inquiétude vague, confuse, indéfinissable, à l’exclusion de toute autre marque affective, de toute autre impression morale et qui s’extériorise souvent par une gamme qui va de l’inquiétude simple et de l’anxiété, états continues, jusqu’à l’angoisse, état paroxystique.

La douleur morale est l’élément essentiel de la mélancolie. Elle y est parfois difficile à découvrir, car elle reste soigneusement masquée derrière un comportement en apparence normal et ne se découvre qu’au moment de la tentative de suicide du malade. Mais, le plus souvent, sa traduction physique et psychique réactionnelle la dévoile facilement.

Les modifications qualitatives vaso-motrices des téguments : la pâleur ou la cyanose, les troubles respiratoires, le tremblement, les perturbations du pouls, les troubles pupillaires en sont les principaux stigmates physiques. La douleur morale est alors génératrice d’agitation ou de stupeur au point de vue moteur, de délire au point de vue intellectuel.  Les tableaux qu’elle nous offre sont ceux de la stupeur anxieuse, véritable paralysie psychomotrice, de l’agitation anxieuse, épisodique généralement et cause de nombreux suicides, du délire mélancolique pauvre et monotone dans son expression.

P. Léonardon

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« La douleur, c'est le vide. » (Jean-Paul Sartre). Image : © Megan Jorgensen

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