Dipsomanie

Besoin irrésistible de boire de fortes doses de boissons alcooliques, se produisant par accès périodiques et intermittents.
Il ne faut pas la confondre avec la « potomanie », besoin de boire des liquides, créé par un dérèglement physiologique ou organique permanent des centres diencéphaliques du métabolisme des liquides.

Cette propension dipsomaniaque se rencontre chez certains sujets constitutionnellement prédisposés et souvent, du reste, descendants d’alcooliques. Certains connaissent les tourments de l’obsession, conscients et anxieux de leur infirmité centre laquelle ils luttent en vain. La crise débute à la façon d’un accès de psychose périodique par une phase de tristesse, de rumination mentale suivie de l’impulsion fatale et de libations nombreuses ; ces sujets vivent ainsi plusieurs jours dans une sorte d’automatisme semi-conscient.

Il faut souligner ici le caractère intermittent qui l’apparente aux accès périodiques de la psychose maniaque dépressive et la différence de la banale ivrognerie dans laquelle le sujet se laisse aller à toutes les occasions de boire. Au surplus, on peut voir de petits intermittents, capables de longs mois de sobriété, mais que le retour de la crise maniaque expansive entraîne à une vie d’aventure toujours fortement « arrosées » ; leur petit accès maniaque se couronne souvent d’épisodes hallucinatoires ou délirants.

Certains auteurs (Lhermitte) ont rapproché la dipsomanie de l’épilepsie en raison de son déclenchement irrésistible, point de vue insuffisamment établi et dangereux dans ses déductions pratiques.

Les vrais dipsomanes sont rares et il ne faut pas étendre abusivement cette notion de dipsomanie. Trop souvent, en effet, l’ivrogne – ou son défenseur, quand il a des démêlés avec la justice, - invoque la tare d’une prétendue dipsomanie, alors qu’il ne s’agit que d’un penchant acquis à la boisson dont la victime reste responsable.

La conduite à tenir est l’hospitalisation d’urgence et l’isolement, chez de tels sujets, au début de leur accès.

Au point de vue de la responsabilité, si la parenté avec la psychose maniaque dépressive est bien établie, on pourra les faire bénéficier et l’irresponsabilité ou des circonstances atténuantes.

Le dipsomane est voué à une déchéance plus ou moins rapide et inévitable, car chaque accès brise son adaptation sociale et leur répétition le frappe d’une tare qui le rend indésirable.

Ant. Porot

dipsomanie

Le dipsomane est voué à une déchéance plus ou moins rapide et inévitable, car chaque accès brise son adaptation sociale et leur répétition le frappe d’une tare qui le rend indésirable. Illustration : © Univers.GrandQuebec.com

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