Dépersonnalisation

Sentiment éprouvé par certains sujets de n’être plus eux-mêmes, soit dans leur intégrité corporelle et somatique (désincarnation, désomatisation), soit dans la conscience de leur moi psychique (désanimation), soit dans l’ensemble de ces diverses composantes de la personnalité. Il s’y ajuste souvent un sentiment d’étrangeté et de non-familiarité vis-à-vis de ce qui encadre leur vie habituelle (déréalisation).

Ce trouble subjectif de la personnalité, tantôt partiel, tantôt global, s’exprime par des formules diverses. Il correspond toujours à une baisse du tonus nerveux, de la tension psychologique, se traduit souvent par un sentiment de faiblesse, d’impuissance et c’est pourquoi il se rencontre avec une particulière fréquence dans les états dépressifs ou psychasthéniques, opinion soutenue également par Minkowski. Mais il peut avoir une signification plus sérieuse, et dans certains processus évolutifs, ouvrir la porte à des idées délirantes d’influence, de possession, de négation, de transformation et finalement être la première étape d’un délire chronique.

La primauté génétique du désordre est, pour Edouardo Krapf, dans la désanimation, dans l’attente du moi affectif qui relâche ses liens et rompt le contact sentimental qui l’unissait au monde ambiant familier. Il y aurait donc régression affective et les psychanalystes ont voulu voir dans ce phénomène un retrait, un repli au stade narcissique.

dépersonnalisation

Dépersonnalisation, serait-elle un repli au stade narcissique? Image : © Megan Jorgensen

Voir aussi :

Partager|