Critique

Le mot Critique répond, en psychiatrie, à des acceptions différentes :

1. Les phénomènes critiques :

a) L’âge critique correspondant à la ménopause, s’accompagne parfois de manifestations psychiques.

b) On parle de phase critique ou de période critique dans l’évolution de certaines psychoses; dans les confusions mentales infectieuses, certains symptômes dits critiques (débâcle urinaire, p. ex.) marquent l’entrée en convalescence.

c) Certaines affections à manifestations paroxystiques peuvent donner lieu à des crises et à des décharges critiques; ex. : l’épilepsie, l’hystérie. On parle d’équivalents mentaux critiques, de troubles mentaux pré et post-critiques dans l’épilepsie.

2. Le sens critique. – La critique est cette faculté que nous possédons de ne pas admettre sans contrôle on sans discussion les idées ou opinions qui nous sont présentées et de réserver notre jugement sur les attitudes, le comportement des individus ou les manifestations des collectivités. Cette faculté est couramment dénommée le sens critique; elle existe à des degrés variables chez les individus.

La critique est une arme scientifique et sociale utile, surtout en matière d’éducation et de formation individuelle ou collective; elle sert grandement à la formation de la personnalité individuelle. Mais elle doit rester discrète et opportune; sortie de ces limites, elle peut prendre un caractère morbide et devenir dangereuse. Par contre, son absence amène les sujets à la crédulité, au conformisme et à l’approbativité.

Le sens critique peut faire défaut de façon grossière ou relative. Cette carence est, dans certains cas, d’ordre constitutionnel. Elle est un des traits fondamentaux de ce que l’on appelle la mentalité primitive qui ignore les catégories logiques, vit de crédulités et de superstitions. On trouvera le sens critique plus ou moins déficient chez les insuffisants intellectuels, les imbéciles et les débiles mentaux.

L’affaiblissement critique est souvent un des premiers symptômes révélateurs d’un fléchissement de l’intelligence comme en réalisent les démences ou certains délires chroniques.

À l’opposé, on peut rencontrer des exagérations ou des déviations de cette faculté de critique. Il existe des sujets qui possèdent une véritable incontinence critique s’exerçant à tout propos et en toute occasion, se rendant importuns pour leur entourage. Ces bavards et ces ergoteurs sont souvent les premières victimes de leur indiscrétion.

Mais à côté de ces exagérations banales, il existe un état d’éréthisme critique pathologique qui tient à la fois de l’interprétation et du rationalisme morbide et souvent aussi de la malignité. C’est un des traits essentiels de du délire d’interprétation de Sérieux et Capgras, de toutes les folies raisonnantes et de la paranoïa.

Appliqué à nos propres sentiments, à nos idées et no notre conduites, le sens critique devient l’auto-critique. Il prend une grande signification en pathologie mentale et mérite une étude à part.

Ant. Porot

surreal creation

« La seule critique définitive est la création. » (Maurice Lemaître, écrivain et artiste français). Image : © Megan Jorgensen

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