Azotémie

I. Troubles mentaux dus à l'azotémie dans les néphrites. - Lemierre, procédant au démembrement de l'urémie cérébrale, attribue à la rétention azotée une symptomatologie particulière. Le malade, toujours las, somnole le jour, ne peut dormir la nuit, sa vue est obscurcie par la rétinite, il a des troubles digestifs. Ces troubles psychiques sont des psychoses durables dues à la rétention lentement ascendante des déchets azotés.

Des états de confusion mentale typique ont été signalés dans des cas d'azotémie pure. Chez un malade de Merklen, désorientation, onirisme professionnel, écholalie et secousses myoclpniques. Chez un malade de A. Porot, atteint d'une néphrite aiguë toxique mortelle avec azotémie de 5 g : même tableau confusionnel avec onirisme et myoclonies terminales. H. Claude a signalé des fugues urémiques.

II. L'azotémie dans les psychoses. - Chez tous les malades présentant des tableaux délirants ou de confusion mentale, l'azotémie doit être étudiée. Chez les grands confus, sous-alimentés, Targowla fait remarquer qu'un taux de 0,40 doit être considéré comme déjà élevé; c'est surtout dans les confusions mentales infectieuses que cette hyperazotémie est fréquente.

Des hyperazotémies élevées lorsqu'elles sont en rapport avec des néphrites aiguës sont curables. On a voulu faire de ces hyperazotémies élevées un symptôme cardinal de l'encéphalite psychosique aiguë dite azotémique (Toulouse, Marchand et Courtois).

Ce problème des hyperazotémies dans les encéphalites, primitives ou secondaires, a suscité des controverses intéressantes ; on a parlé d'azotémie extra-rénale (Laignel-Lavastine).

Lemierre, J. Delay et Tardieu ont fait une bonne critique de tous ces problèmes. Plusieurs facteurs peuvent intervenir:

  1. Un élément rénal qui peut être un processus de néphrite infectieuse concomitant ; il s'agit alors d'une encéphalose azotémique, mais peut-être aussi d'une simple inaptitude fonctionnelle du rein ;
  2. Le métabolisme azoté est fortement troublé, soit par atteinte de la fonction uréogénique du foie, soit par désassimilation azotée considérable et consomption tissulaire, ce dernier phénomène étant lui-même sous la dépendance d'une atteinte des centres neuro-végétatifs par le processus encéphalitique - atteinte portant sur les centres régulateurs du métabolisme des protides et de l'eau.

En définitive, toute rétention uréique dans les psychoses aiguës relève d'une discordance entre la proportion d'azote et les moyens dont le rein dispose pour l'éliminer.

Les auteurs proposent de remplacer le terme d'azotémie extrarénale par celui d'azotémie sans néphrite.

Ant. Porot

femme troubles mentaux

« Ce qui distingue un homme sain d’un aliéné, c’est précisément que l’homme sain a toutes les maladies mentales, et que l’aliéné n’en a qu’une. » - Robert von Musil (écrivain autrichien). Image : © Megan Jorgensen

Lire aussi :

Partager|