Avarice

Perversion de l'instinct de conservation consistant dans une hypertrophie de la tendance à l'épargne, mais qui manque son but : celui d'assurer la sécurité de l'individu dans l'avenir; tel le cas de ces i mendiants thésaurisateurs » (Dupré), qui meurent cachectiques et loqueteux sur une paillasse bourrée de pièces de monnaie ou de billets de banque.

L'avare qui se garde des grandes entreprises et du risque verse rarement dans la délinquance et la criminalité (Rogues de Fursac). Il reste cependant un être socialement improductif et nuisible; il impose à sa famille des privations et peut prendre des dispositions testamentaires parfois contestables en justice.

L'avarice considérée par Dupré comme une perversion congénitale ne se manifeste pourtant, le plus souvent, que tardivement, dans la vieillesse. Toutefois, dès la jeunesse, l'avare a des tendances méfiantes et solitaires.

Dans le cadre des états pathologiques, l'avarice apparaît de préférence dans les psychoses de ralentissement. On sait qu'elle prend une véritable valeur symptomatique, à mettre en parallèle avec les troubles de la mémoire, dans les affaiblissements et délires préséniles. On la rencontre encore dans certaines formes de mélancolie et de concentration affective (paranoïa dépressive).

Pour Guy Delpierre, l'avare serait un asthénique «schizoïde à autisme pauvre, n'ayant pas la faculté de vibrer à l'unisson avec l'ambiance, et se sentant à l'aise dans l'automatisme, l'immobilité, la rigidité».
L'auteur tire de l'œuvre de Balzac des types caractéristiques de cette constitution (le père Grandet et l'usurier Golbseck) (Psychopathologie de l'avarice, plaquette édit. par la librairie Giard, Lille, anal, in A, M. P., octobre 1953, p. 416).

Ch. Bardenat

avarice

« De tous les péchés, l'avarice est le plus avantageux. » (Marcel Aymé, né en 1902 et décédé en 1967, écrivain et scénariste français). Image : © Megan Jorgensen

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