Aura

On décrit classiquement, sous le nom d'aura (étymologiquement : souffle), un ensemble de troubles subjectifs de durée plus ou moins brève qui précèdent immédiatement les paroxysmes objectifs de certains états neuropsychiques, surtout épileptiques et hystériques.

L'aura fait en réalité partie de l'accès qui peut éventuellement se limiter à ce seul prodrome.

Sans grande signification pathogénique dans l'hystérie où elle revêt cependant parfois un caractère symbolique en relation avec la situation conflictuelle, l'aura offre souvent au contraire, dans l'attaque épileptique, un intérêt localisateur précieux trahissant le foyer irritatif conditionnant la crise.

C'est ainsi que Gastaut en particulier a pu attirer à nouveau l'attention sur la richesse des sensations végétatives prodromiques (auras épigastriques, pharyngées, abdominales) déjà remarquées par Voisin, par Gowers, dans les épilepsies partielles, secondairement généralisées ou non, du syndrome «hémiconvulsion-hémiplégie-épi-lepsie» à localisation surtout temporale rhinencéphalique.

Les auras sensorielles (olfactive, gustative, auditive, visuelle), sensitives (en particulier dysesthésiques pouvant revêtir même la forme de troubles de l'image corporelle) ou intéressant certaines fonctions instrumentales (aphasie, agnosie, apraxie), qu'elles soient isolées ou groupées (par exemple les hallucinations olfactives, gustatives et visuelles associées préludant à la crise uncinée), surtout lorsqu'elles sont nettes et se reproduisent d'une façon similaire au début de chaque paroxysme, ont une grande valeur clinique. On doit toujours s'efforcer d'en faire une analyse minutieuse quand on soupçonne une épilepsie partielle, en vue de diriger les recherches localisatrices complémentaires.

Il existe bien entendu des crises sans aura ou dont l'aura, par son caractère vague ou diffus, réduit à un changement thymique, une angoisse, un pressentiment, un sentiment d'étrangeté ou de déjà éprouvé, ne donne aucune indication. C'est souvent le cas des épilepsies généralisées. P. Carrette a rappelé à propos de Dostoïewski (Communication au Congrès de Pau, 1953) les extases euphoriques ou « auras merveilleuses » des crises du célèbre écrivain. L'observation de certaines auras privilégiées (musicales par exemple) peut éclairer la psychophysiologie des processus de dynamisation des composantes dites sensorielles (S. Piro).

Ch. Bardenat

aura

L'aura. Photo d'auteur inconnu

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