Asthénie

Manque de force. Ce terme désigne, dans le plan physique, des états de fatigue, de lassitude; dans le plan psychique, des états de fatigabilité intellectuelle. Parmi les premiers, il faut surtout citer les neurasthénies et les syndromes d'insuffisance surrénale; ensuite la myasthénie, les convalescences de grippe, de multiples infections ou intoxications, les états d'épuisement, les avitaminoses pellagroïdes, etc.

L'asthénie psychique peut se rencontrer dans les mêmes états et également au début de certaines affections mentales: démence sénile, neurosyphilis, schizophrénie, mélancolie, états subconfusionnels, sidération émotive, hypocondrie, etc.

A côté de cet aspect biologique de l'asthénie il faut étudier les asthénies névrotiques (psychasthénie surtout), et psychosomatiques liées à une baisse de tension psychologique (P. Janet), à un épuisement émotionnel (Dejerine), une dépense excessive d'énergie psychique résultant d'un refoulement instinctuel (Freud) ou de frustrations répétées (Fenichel). Les deux derniers points de vue, soutenus par l'école psychanalytique, ne s'opposent pas à une conception dite organiciste si l'on veut bien considérer la tension affective et aussi d'ailleurs l'émotion, comme un «stress» capable d'engendrer cet état d'épuisement étudié dans le syndrome général d'adaptation (Aubin, 1951; J. Delay, 1952).

Signalons enfin que le terme d'asthénie est souvent employé dans les laboratoires de psychologie dans le sens de «non-activité» de la caractérologie.

Le traitement dépend évidemment de la cause; classiquement, on utilise les arsenicaux et la strychnine (à employer tous deux avec précaution chez les anxieux), les préparations phosphorées. Plus récemment on a recommandé les extraits surrénaliens et les hormones correspondantes, l'acide nicotinique, le calcium (dont il ne faut pas prolonger l'usage trop longtemps), divers sympathicomimétiques (dont il faut surveiller la toxicité); on utilise aussi l'«orthédrine », la « pervitine », le «maxiton» dont on a signalé les abus et qui peuvent entraîner une véritable toxicomanie. Aujourd'hui on s'adresse beaucoup aux vitamines: acide ascorbique (vitascorbol), vitamines B 12, etc.

H. Aubin

paresse et cerveau

« Seule la paresse fatigue le cerveau. » (Louis Pauwels, écrivain français, né en 1920 et décédé en 1997). Image : © Megan Jorgensen

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