Apathie

Perte de l'affectivité se traduisant par de l'indifférence, une absence de réaction aux stimuli habituels de l'activité psychique et souvent une inertie physique marquée.

L'apathie peut se rencontrer à des degrés variables et dans des circonstances diverses.

a) II y a des apathies constitutionnelles; certains sujets sont naturellement indolents, mous, indifférents et paresseux. L'apathie peut, quelquefois, s'associer à la débilité intellectuelle et réaliser un type spécial de débiles mentaux (débiles apathiques).

b) Il y a des apathies symptomatiques de certaines insuffisances glandulaires (hypothyroïdie, cachexie hypophysaire, insuffisance surrénale).

c) La confusion mentale à son début s'annonce souvent par de l'apathie, du ralentissement   intellectuel qui peuvent aller jusqu'à la stupeur. Dans la convalescence des états confusionnels, l'apathie se dissipe parfois lentement et peut même, quelquefois, subsister à l'état de séquelle; c'est le cas, en particulier, des confusions mentales infectieuses prolongées (fièvre typhoïde), des intoxications oxycarbonées ou des grandes intoxications alcooliques.

d) On l'observe aussi sous cette forme traînante à la suite de certains états commotionnels ; il est important de déterminer alors s'il y a un fléchissement intellectuel concomitant.

e) L'apathie marque souvent le début de l'hypertension crânienne, qu'il s'agisse de tumeurs à évolution lente ou de poussées d'œdème cérébral.

f) Dans les démences organiques (paralysie générale, sénilité, artériosclérose cérébrale), l'indifférence affective est constante, progressive et globale: elle caractérise même les formes simples et tranquilles de ces états déficitaires (démences dites apathiques). Elle peut être plus ou moins camouflée par des survivances d'automatisme dans le comportement, et aussi parfois par une sensiblerie larmoyante ou une hilarité sans raison.

g) Elle se voit aussi dans les étals déficitaires juvéniles, en particulier dans la démence précoce du type Morel et dans la stupeur catatonique. L'apathie, l'indifférence des schizophrènes viennent de ce qu’ils tournent le dos aux réalités ambiantes pour se replier sur eux-mêmes.

Toutefois, à la longue, l’affectivité subit un fléchissement certain et il y a un élément apathique terminal incontestable, tel que l’avait affirmé Kraepelin.

h) Minkowski a insisté sur l’apathie affective, observée sur certains prisonniers de guerre ou déportés revenus à leurs foyers après plusieurs années de captivité (anesthésie affective).

Il n’y a pas de traitement spécifique de l’apathie. Il y en a on traitement causal en  certains cas: il est celui de l’affection au cours de laquelle apparaît l'apathie (apathie d’origine glandulaire, apathie confusionnelle d’origine toxique ou infectieuse).

Au point de vue symptomatique cependant, on se trouvera bien quand il s'agit d'une accidentelle et transitoire de toniques généraux ou nervins: strychnine, etc. Les  électrochocs redressent très favorablement les tendances secondaires à l'apathie et dissipent de persévération qui viennent souvent prolonger l'état mental primitif.

Ant. Porot et Th. Kammerer

apathie

« La science a peut-être trouvé un remède pour la plupart des maux, mais elle n’en a pas trouvé pour le pire de tous : l’apathie des êtres humains. » (Helen Keller, femme de lettres américaine, sourde, muette et aveugle, née en 1880 et décédée en 1968). Image : © Megan Jorgensen

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