Névrose d’angoisse

L’angoisse peut, par l’importance qu’elle revêt parfois au premier plan du tableau clinique, caractériser à elle seule une névrose, dite névrose anxieuse.

Son type clinique parfait est la névrose d’angoisse, décrite par Pitres et Regis, isolé par Freud, précisé cliniquement par Devaux et Logre, Hartenberg, etc. La symptomatologie très variable, d’après la localisation des irradiations émotionnelles et neurovégétatives, est centrée sur l’angoisse, émotion caractérisée par l’idée d’un danger  à venir, par l’attente d’une catastrophe imaginaire, physique et morale, tout à la fois. C’est selon le degré : le simple malaise moral avec « idées noires », l’inquiétude, l’anxiété, la grande angoisse terrifiante.

Cette névrose procède soit par crises, souvent soudaines et raptus, laissant le malade brisé et redoutant la mort subite, la folie, l’abolition de ses moyens d’existence ou de sa vie sociale, soit par périodes prolongées d’hyperémotivité, sans cause extérieure, évoluant souvent vers un état habituel d’inquiétude, sinon d’affolement avec besoin d’assistance et de protection qui le fait courir de médecin en médecin porteur d’un dossier médical volumineux.

Crises d’angoisse et inquiétude habituelle ont un aspect somatique constant de retentissement neurovégétatif, de formule le plus souvent sympathicotonique, parfois vagotonique ou amphotonique : troubles vaso-moteurs (rongeur, pâleur); sécrétoire (sécheresse des muqueuses, sueurs); musculaires stries (spasmes viscéraux, digestifs notamment, horripilation) gêne respiratoire, troubles du rythme cardiaque (palpitations, tachy- ou bracycardie, extrasystoles, sensations angineuses), dystonie digestive (atonie gastrique, syndrome solaire, constipation), tremblement émotif et enfin asthénie générale par surmenage émotionnel. La crise subite d’angoisse se termine souvent par une polyurie d’urines claires.

Lorsque les troubles viscéraux sont plus ou moins localisés, les malades deviennent de faux cardiaques, de faux gastriques, etc., et fréquemment méconnus, sont nombreux dans la clientèle de tout praticien.

L’incompréhension qui pousse le médecin à leur répéter que « c’est nerveux » et à faire appel à leur volonté ou, à plus forte raison, à les taxer de « malades imaginaires, entretient el cultive leur névrose en les décourageant et en les rendant honteux de leur mal, très réel malgré sa subjectivité.

A. Hesnard

angoisse

« L’angoisse est le vertige de la liberté. » (Sören Kierkegaard, philosophe danois, né en 1813 et décédé en 1855, Le concept d’angoisse). Image : © Megan Jorgensen

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