Ambivalence

Disposition mentale anormale permettant à un sujet, devant une situation donnée, de manifester, dans le même temps, des sentiments diamétralement opposés; amour et haine, crainte et désir, culpabilité et justification, orgueil et dépréciation de soi; il en résulte des propos et des attitudes franchement contradictoires.

Le terme et la notion même ont été créés par Bleuler en 1911, à l’occasion de son étude sur La démence précoce ou group des schizophrènes. Il est universellement admis depuis; seules existent quelques divergences au sujet de son origine du point de vue psychologique.

Mlle J. Boutonier, qui en a donné une bonne étude (Thèse, Paris, 1938), rappelle d’abord la conception de Bleuler telle qu’elle lui est apparue : le point de départ de l’ambivalence serait fourni par les expériences opposées dont les objets sont, pour nous, l’occasion (parfum de la rose et ses épines) ; l’ambivalence aurait son origine dans l’objet, pour devenir ensuite une structure du sujet pouvant se projeter dans le monde extérieur.

Mais elle précise ensuite sa propre position vis-à-vis du problème : elle y voit « une forme a priori de la sensibilité », une structure du sujet, une aptitude, antérieures à l’expérience.

Il convient de souligner l’importance de l’ambivalence dans toutes les situations conflictuelles, en particulier dans tous les attachements névrosiques. L’ambivalence traduit alors l’obstacle que rencontre un instinct dans son épanouissement. Elle est normale chez l’enfant avant la liquidation du complexe d’Œdipe.

Chez l’adulte, l’ambivalence suppose un relâchement dans l’unité et la continuité du moi, une dissociation de la personnalité, telle qu’en réalise la schizophrénie.

C’est, en effet, dans cette maladie que l’ambivalence présente ses aspects les plus caractéristiques et qu’elle revêt les formes les plus extrêmes. Elle explique en grande partie les phénomènes d’inhibition, de barrage, d’impuissance pragmatique et le comportement si souvent discordant et paradoxal du malade.

Ant. Porot

ambivalence

L'ambivalence de ces sentiments le troublait plus qu'il ne voulait l'admettre. (Le Petit Prince Retrouvé, Jean-Pierre Davidts, écrivain québécois). Image : © Megan Jorgensen

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