Agraphie

Il est évident que l'écriture n'est pas réalisée par une fonction simple : elle suppose des intégrations complexes du langage, de ses représentations optiques, des praxies et gnosies opto-spatiales, des praxies motrices, etc.

1. On n'est donc pas surpris de la rencontrer dans l'aphasie de Wernicke, où le langage intérieur est profondément troublé et qui correspond à une lésion temporale postérieure gauche.

2. L'agraphie optique avec alexie fait partie des agnosies visuelles et relève donc de lésions occipitales.

3. L'agraphie apraxique, dite agraphie constructive (Kleist) pariétale ne comporte ni alexie, ni troubles du langage intérieur.

Elle est une des manifestations de l'apraxie constructive et des troubles somatognosiques  du syndrome de Gertsmann.

4. L'agraphie dyspraxique du corps calleux appartient à l'apraxie idéo-motrice.

5. Enfin, une place semble devoir être faite à une agraphie pure, sans troubles apraxiques, ni agnosiques, ni aphasiques.

Esquissée par Exner (1881), à titre d'hypothèse et localisée au niveau du pied de F2 gauche, elle s'est trouvée confirmée par quelques observations (Gordinier, Marcus, Ectors). Il est curieux de constater qu'elle se manifeste même dans l'écriture avec des cubes alphabétiques. Cette localisation est à rapprocher de celles de l'anarthrie, de l'agrammatisme de Pick (pied de la 3e frontale) et de l'apraxie innervatoire (aire précentrale intermédiaire).

Th. Kammerer

agraphie

Un paralysé, atteint d'agraphie après une attaque et réduit à regarder les caractères comme un dessin, sans savoir les lire … Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, Sodome et Gomorrhe. Image : © Megan Jorgensen

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