Abcès cérébraux

Des troubles psychiques peuvent apparaître dans la symptomatologie des abcès cérébraux. Ils varient selon l'allure évolutive et la localisation de l'abcès.

S'il y a évolution aiguë avec processus d'encéphalite diffuse à tendance suppurative, c'est le syndrome confusionnel avec ses différentes nuances (agitation et onirisme, ou obtusion et stupeur).

S’il y a formation lente d'un abcès bien enkyste, c'est un tableau d'hypertension crânienne avec torpeur, somnolence et stupeur progressive, auxquels peuvent s'ajouter des signes neurologiques en foyer.

On a signalé aussi le puérilisme mental, l’euphorie paradoxale avec jovialité et hypomanie ; c'est la moria qui se rencontre surtout, mais non exclusivement, dans les abcès de la région frontale ou de la pointe sphenoïdale.

Les abcès de la région temporo-pariétale peuvent se révéler assez brusquement par des troubles d'aphasie sensorielle avec paraphasie, jargonaphasie. Les symptômes psychiques peuvent précéder tout signe de localisation neurologique et constituer presque seuls le tableau clinique. Des malades atteints de confusion chronique et d'affaiblissement mental progressif ont pu être internés comme aliénés : l'autopsie seule a montré la présence d'un abcès cérébral.

En présence du tableau confusionnel, chez un blessé crânien récent ou ancien, chez un otitique, au cours d'une pneumopathie subaiguë ou torpide, il faut toujours penser à la possibilité d'un abcès en formation, rechercher s'il y a de la stase papillaire, de la leucocytose sanguine et, éventuellement, faire une ventriculographie en vue d'une localisation.

Les sulfamides et surtout la pénicilline ont considérablement transformé le pronostic de l'abcès cérébral, si on a soin de faire un diagnostic précoce, et de faire intervenir à temps le neurochirurgien.

Ant. Porot (1952)

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Nul besoin de temples, nul besoin de philosophies compliquées. Notre cerveau et notre coeur sont nos temples. (Dalaï Lama). Image : © Megan Jorgensen

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