Historique du canal du Nicaragua

Le projet de canal du Nicaragua vise à relier l’océan Pacifique et l’océan Atlantique. Ce canal traverserait le territoire du pays en empruntant la voie fluviale de la rivière San-Juan et en passant ensuite par le lac Nicaragua.  Le projet prévoit que le canal remontera  la rivière San-Juan dès son embouchure dans l’Atlantique jusqu’au lac Nicaragua, ensuite, l’itinéraire serait tracé à travers de l’isthme de Rivas pour aboutir dans le Pacifique. Une partie de ce canal artificiel sera desservie par un certain nombre d’écluses.

L’histoire du canal du Nicaragua débute à l’époque de la colonie, où l’administration de la Nouvelle-Espagne avait mené des études à travers le Nicaragua, le Panama ou l'isthme de Tehuantepec au Mexique pour évaluer les possibilités de construire un canal qui permettrait aux vaisseaux commerciaux d’éviter une longue traversée autour de l’Amérique du Sud.

En 1825, obtenue l’indépendance de l’Espagne, la République fédérale d’Amérique centrale avait essayé de trouver le financement pour reprendre les travaux, mais  un groupe d’ingénieurs américains ont calculé que la technologie d’ingénierie couterait très cher. D’ailleurs, la situation politique en Amérique centrale n’était pas claire et la Grande-Bretagne s’opposait à la construction du canal (en fait, la Grande-Bretagne  contrôlait une partie du littoral du Nicaragua, notamment la côte des Mosquitos.

Un quart de siècle plus tard, le 26 août 1849, le gouvernement nicaraguayen signe un contrat avec Cornelius Vanderbilt, un homme d’affaires américain Cornelius Vanderbilt qui promet de construire le canal en 12 ans et obtient ainsi le droit exclusif sur ces revenus attendus.  Il ne faut pas oublier que la ruée vers l’or en Californie battait son plein et une voie fluviale à travers le Nicaragua serait beaucoup plus courte et moins dangereuse que la traversée terrestre de vastes contrées de l’Amérique du Nord. D’ailleurs, Cornelius Vanderbilt exploitait déjà une route commerciale qui reliait les deux océans par diligence, par la rivière San Juan et par le premier chemin de fer en Amérique centrale.  En fait, à l’époque  cette voie était la plus aisée pour aller de New York à San Francisco et le canal était censé de faciliter encore plus ce long voyage. Malheureusement, la guerre civile au Nicaragua et l’invasion du flibustier William Walker empêchèrent le projet de se réaliser.

En 1850, pourtant, la question d’un canal interocéanique est  abordée dans le traité Clayton-Bulwer. Ce traité cherche à aplanir les rivalités dans l’Amérique centrale entre la Grande-Bretagne et les  États-Unis, mais le projet du canal ne prend pas corps, en partie à cause des craintes de risques sismiques et volcaniques.

Le gouvernement des États-Unis  reprend  le thème vers la fin du XIXe siècle. Il négocie alors avec le président José Santos Zelaya la possible location de vastes terrains dans le but d’ouvrir cette voie de communication.  Le secrétaire d’État américain John Hay discute les clauses avec le président Zelaya et le traité Sánchez-Merry est signé.

Des travaux de construction sont en 1888 par le millionnaire J.P. Morgan, amis ils sont interrompus en 1889, la compagnie étant à sec après une panique boursière.

Le nouveau président américain Theodore Roosevelt fait alors e choix de reprendre l’œuvre inachevée de l'ingénieur français au Panama. Le Congrès américain vote finalement la loi Spooner qui autorise l’achèvement du canal du Panama et le projet du canal du Nicaragua est définitivement abandonné par les Américains.

Après cet échec, le président José Santos Zelaya cherche le financement en Allemagne et au Japon, mais les États-Unis, bloquent toute tentative de mener les études sur la faisabilité de ce projet.

Le canal de Panama est ouvert en 1914. En ce moment, les États-Unis décident d’analyser une fois de plus la possibilité de construire le canal du Nicaragua, parce que sa construction permettrait de raccourcir la distance entre New York et San Francisco de 800 kilomètres. En 1916, le traité Bryan-Chamorro est signé. En vertu de ce traité, les États-Unis versent 3 millions de dollars au Nicaragua en échange d’une option à perpétuité pour la construction d'un futur canal. Après la Première guerre mondiale, une équipe d’ingénieurs américains étudie les tracés possibles du futur canal. Ce projet est connu comme le canal Forty-Niners en hommage aux mineurs qui traversèrent ce territoire lors de la ruée vers l’or en Californie. Cette fois-ci, le Costa Rica proteste contre la construction estimant que ses droits sur la navigation la San Juan seraient violés. Le traité Bryan-Chamorro est donc abrogé d’un commun accord des deux parties.

Le gouvernement nicaraguayen reprend l’idée du canal  en 2004. Les autorités du pays annoncent le projet d’un vaste canal qui permettrait le passage des supertankers jusqu’à 250 000 tonnes (le canal de Panama ne permet que le passage des vaisseaux de 65 000 tonneaux). Les coûts de la construction ont été estimés à 25 milliards de dollars (le budget national du Nicaragua était d’environ 2 milliards de dollars). Le président du Nicaragua Enrique Bolaños a cherché des investisseurs étrangers pour soutenir ce projet, malgré l’opposition des écologistes, qui sont inquiets des dommages probables causés à la rivière et la jungle (de mauvaises langues parlent d’un vaste soutien aux écologistes de la part du gouvernement du Panama).

Le président Bolaños annonce alors que « … si un canal au Nicaragua est construit, il apporterait un développement économique jamais atteint en Amérique centrale ». Certaines sources ont même suggèré que la construction du canal permettrait au Nicaragua de devenir un des pays les plus riches de l’Amérique latine

Finalement, le 14 juin 2013, l’Assemblée Nationale du Nicaragua approuve par 61 voix contre 28, la proposition chinoise, émise par le consortium chinois HK Nicaragua Canal Development.

La loi donne une concession pour une durée de cinquante ans (renouvelable pour autres 50 ans) aux hCinois pour la construction, le développement et la gestion du canal du Nicaragua. Le projet prévoit un canal maritime, un canal ferroviaire, des centres de détente, un grand port sur le littoral atlantique, un aéroport, un oléoduc, de vastes complexes touristiques, des dépôts et des usines industrielles.

En 2013, les coûts estimés ont été évalués en 40 milliards de dollars (30 milliards d’euros). Le temps nécessaire pour la construction du canal est estimé à 10 ans ou moins. La dite loi ne précise en aucun cas le tracé du canal, ni les détails de son financement. Il semblerait que même sa viabilité économique n’a pas été étudiée en profondeur.

timbre nicaragua

Un timbre-poste représentant un volcan en éruption qui aura effrayé les promoteurs du canal du Nicaragua vers la fin du XIXe siècle

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