Canal du Nicaragua

Le canal du Nicaragua pourrait devenir réalité en 2020

Le canal de Panama est en opérations depuis 1914, mais à l’époque de la construction de cette voie de communications, le projet du canal du Nicaragua reliant les océans Pacifique et Atlantique était l’une des options les plus viables, donné que ce canal permettrait de raccourcir pour 800 kilomètres (500 mille) la route commerciale entre l’Europe et San-Francisco.

L’histoire du canal du Nicaragua est longue (voir le billet Historique du Canal du Nicaragua), mais en vertu d’un traité signé par le président du Nicaragua Daniel Ortega et le magnat chinois Wang Jing, président de la société chinoise HKND basée à Hong Kong, le nouveau canal devrait entrer en opérations en vers 2020.

Il s’agit d’un projet pharaonique d’un coût préliminaire de 40 milliards d’investissements en dollars américains (30 milliards d’euros en 2013, l’année de la signature du traité).

Près 40 000 emplois pourraient être créés pour les citoyens du Nicaragua et des milliers d’experts d’autres pays). La réalisation du projet permettrait de multiplier par deux ou trois le PIB du Nicaragua, l’un des plus pauvres d’Amérique centrale.
Le projet global comprend  six volets :

  1. Une route fluviale longue de 286 kilomètres, sur 520 mètres de large. Cette route emprunterait le cours de la rivière San-Juan (qui découle du lac Nicarague pour se jeter dans la mer des Caraïbes), le lac Nicaragua (deuxième le plus vaste lac en Amérique latine) d’une superficie de 8 264 kilomètres carrés ;
  2. Un aéroport international, le premier aéroport international dans le secteur atlantique au Nicaragua ;
  3. Deux ports, dont le premier vrai port qui donnerait au pays une fenêtre sur l’Atlantique. Ces ports devraient être déclarés zones franches ;
  4. Un oléoduc le long du canal pour fournir du pétrole aux zones intérieures du pays ;
  5. Un chemin de fer reliant l’océan Pacifique et l’océan Atlantique.
  6. Une vaste zone touristique avec des hôtels, auberges, gîtes de passant, centres commerciaux, sentiers pour les promeneurs, routes écologiques, réserves fauniques, plages aménagées sur les deux océans, et beaucoup plus. 

D’autres volets pourraient se joindre, tel le projet d’un astroport pour voyager au Mars et l’emplacement d’une Porte des Étoiles (un moyen ou dispositif de transport interstellaire), la première Porte des Étoiles en Amérique latine.

Le nouveau canal prévoit le passage de grands bateaux, dont les supertankers de 250 000 ou même de 400 000 tonnes  de frets avec  douze mille conteneurs à bord  (le canal de Panama ne permet que le passage des vaisseaux de 55 mille tonnes).

L’objectif annoncé par le gouvernement du Nicaragua et la compagnie chinoise est de capter 5 % du commerce mondial (le Panama n’en fait transiter que 3%, d’autant que le trafic mondial devrait croître de 240 % de 2013 à 2030). Le projet de creuser le canal du Nicaragua aurait donc un impact non-négligeable sur l’économie mondiale et concurrencerait le canal de Panama.

En 2013, la société chinoise HKND ou Beijing Interoceanic Canal Investment Co, avec le milliardaire Wang Jing à la tête,  a obtenu du parlement du Nicaragua une concession de 50 ans renouvelable de 50 ans. M. (Dr?) Wamg Jing est un expert en médecine traditionnelle chinoise, mais il possède une vingtaine d'entreprises de télécommunication, un grand nombre de mines d’or et d’autres industries implantées dans une trentaine de pays un peu partout sur cette planète,

Les Chinois sont donc prêts à affronter cet énorme défi de dominer un territoire sauvage où les Américains avaient été obligés de jeter l’éponge.

N’oublions pas que Nicaragua ne dispose pas d’aucune infrastructure routière ou ferroviaire qui pourrait assurer le transport du matériel. Il n’y existe pas d’ouvriers  formés, aucun engin suffisant pour déblayer les millions de tonnes de gravas.

Ajoutons à cela quelques sociétés des défenseurs de l’environnement  qui dénoncent la destruction potentielle de la jungle et de toute l’écologie de la région, notamment les risques de pollution du lac Nicaragua qui constitue la plus grosse réserve en eau douce en Amérique centrale. D’après les écologistes, le nouveau canal détruirait 400 000 hectares de terres humides, en plus de passer au cœur d’une réserve naturelle abritant des espèces menacées d’animaux et de poissons. Sans parler d’une demi-douzaine de communautés indigènes.

En fait, de nombreuses zones d’ombre subsistent autour du projet, mais sa réalisation permettrait de toute évidence à la Chine de prendre le contrôle de plusieurs ports dans le monde et de sécuriser ses voies maritimes. Avec le canal du Nicaragua, la Chine renforcerait son implantation en Amérique centrale à quelques centaines de kilomètres des États-Unis. Le port de Mariel à Cuba bénéficiera également de ce voisinage économiquement performant et politiquement amical.

On parle aussi d’une possible participation de la Russie dans les travaux de construction du nouveau canal interocéanique, le fait confirmé à mi-voix par le directeur général de l'Agence de promotion des investissements du Nicaragua Laureano Ortega, en 2014.

Rappellerons que le  canal de Panama a 80 km de long. Le Panama mène actuellement des travaux d’élargissement de son canal, mais le projet, évalué à 5,2 milliards de dollars américains, subit des retards. Le nouveau canal du Nicaragua est nettement plus long que celui de Panama, mais une partie de son parcours se fait à travers un vaste lac nature et il ne reste que 300 kilomètres  à creuser. Le passage serait plus facile que partout ailleurs en Amérique centrale: moins de montagnes ce qui ferait gagner du temps.

Bref, le canal serait l’accomplissement d’un vieux rêve nicaraguayen. Le pays mise gros dans ce chantier et il espère bien profiter de ses fruits.

canal du nicaragua

Les deux canaux: le canal du Panama, en opérations depuis 1914, et le canal du Nicaragua, en construction

Voir aussi :

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