Voyage en Palestine
Un récit historique qui date de 1939

Lors de notre randonnée en Palestine, nous sommes arrivés en vue de Jérusalem, venant de Béthanie, où vivaient Marthe, Marie et leur frère Lazare, les amis de Jésus.

Des hauteurs du Mont des Oliviers où court la route, l'antique cité des Juifs nous apparaît sur l'autre versant de la Vallée de Josaphat, encerclée de ses murs aux sept portes.

Ce ne sont pas les murs du temps du Christ. On se rappelle, sans doute, sa prédiction sur les crimes à venir de la cité; « Oh! Jérusalem il ne restera rien de toi et tu seras rasée jusqu'à la dernière pierre de tes remparts ».

En effet, les Juifs, toujours intraitables et têtus, se révoltèrent pendant que Néron régnait à Rome. L'empereur envoya Vespasien et son fils Titus à la tête de nombreuses cohortes romaines pour soumettre une fois pour toutes ce peuple réfractaire à la loi romaine.

Les armées impériales pénétrèrent en Palestine par le nord et, ayant pris Tibériade, rougirent le lac du sang de ses habitants. Repus de massacres, ils envoyèrent 6,000 juifs en esclavage, creuser le canal de Corinthe qui sépare la Grèce. Sur ces entrefaites, Néron, lâche dans la fuite, se faisait transpercer la poitrine par un esclave.

Vespasien, ayant pris le pouvoir, confia à son fils Titus la tâche de soumettre la Palestine avec plus de 60,000 soldats. Il mit le siège autour de Jérusalem et encercla la ville. Bientôt, la famine étreignit la ville au point qu'une mère tua son enfant et le mangea.

La peste décima la population; on dut jeter les cadavres par-dessus les murs dans la vallée de Josaphat. La misère devint extrême. Des déserteurs gagnèrent le camp romain. La population furieuse en crucifia cinq cents tandis que des bandits en massacrent plus de deux mille.

Le siège dura six mois; on était rendu vraiment à la dernière extrémité. Il ne restait plus que des spectres ambulants. Finalement les Romains vainqueurs massacrèrent à qui mieux mieux hommes, femmes, enfants et exilèrent ceux qu'ils n’avaient pas eu la force de passer au fil de l’épée.

Après la destruction de la cité et du temple merveilleux de Salomon, il ne resta qu’un mur de soutènement ; le mur des pleurs. L’empereur Hadrien défendit à tout juif de s’approcher des ruines de la ville; ainsi fut réalisée la prophétie du Christ.

Une couple de siècles plus tard, Constantin permit aux Juifs d’y revenir pleurer sur leurs misères. Avec Saladin, Jérusalem devient musulmane, trois siècles après, elle redevenait turque, puis chrétienne. Aujourd’hui elle est internationale, mais chrétienne par ses souvenirs.

Tiré de la revue L`Action Universitaire, Volume 6, numéro 1, septembre 1939, une publication de l’Université de Montréal

quai de tel aviv

Littoral de la Méditerranée. Photo : © Zvi Kaplan

murale fresque tel aviv

Une murale présentant une rue d'antan. Photo : © Zvi Kaplan

chats en palestine

Deux chats palestiniens. Photo : © Zvi Kaplan

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