Voyage à Jérusalem

(une promenade à travers la ville en 1939)

Quelle impression Jérusalem donne-t-elle au voyageur chrétien ?

Marcher à travers la cité, c'est traverser l'histoire de plusieurs siècles. Ces impressions sont aussi variées et parfois, aussi opposées que contradictoires. Jetons un regard sur l'antique cité du Mont des Oliviers. Ses murs reconstruits l'encerclent encore. Sur les hauteurs qui nous font face, les quartiers nouveaux au centre de l'ancien temple de Salomon occupée aujourd'hui par la Mosquée d'Omar, merveilleuse sous ses faïences bleues.

Par des ruelles sordides, remplies trop souvent de détritus, le passant côtoie de vieux juifs en houpelande, des arabes à turban, des femmes voilées, des enfants crasseux, des hommes coiffés du fez, tout ce monde marchant pour un grand nombre pieds nus ou en babouches éculées. Et au milieu de ce tohu-bohu nous croisons des ânons ployant sous leur fardeau, mais au pas toujours sûr et gaillard - des chameaux arrogants au pas cadencé, hommes et bêtes se bousculant. Dans ces ruelles, comme l'importante rue de David, pas de trottoir : c’est une confusion inextricable.

Finalement à travers ce dédale de rues tortueuses nous arrivons au Mur des Pleurs. Debout et se balançant interminablement avec leur livre à la main, psalmodiant leurs lamentations séculaires, juifs barbus et juives en châle continuent depuis des siècles leurs complaintes d'espoir.

Tout à côté, les caves anciennes du temple de Salomon d’où le Roi magnifique tira les blocs de pierre qui servirent avec les cèdres du Liban à édifier le temple grandiose à la gloire de Jehovah - et où plus tard il gardait ses chars d’assaut et ses milliers de chevaux.

Aujourd’hui sur la terrasse, à la place du temple se dresse le second temple du monde islamique, second seulement à La Mecque.

Il se dresse solennel, de forme octogonale, resplendissant sous son armature bleu ciel et abritant le roc antique où le Grand Prêtre des juifs immolait aux temps de gloire les brebis du sacrifice. Les musulmans l’appellent le Dôme de la Roche. C’est de ce temple antique que le Christ chassa les vendeurs sacrilèges, qui faisaient leur marchandage sur le parvis.

Du parvis immense on gagne par des degrés une seconde mosquée qui lui fait face, celle d'El AQSA.

Comme au temps d’Omar, on n’y peut pénétrer qu’avec des précautions spéciales. Il faut chausser de larges babouches pour prévenir que les infidèles que nous sommes ne profanent le temple d'Allah.

Quant au musulman, il doit enlever ses savates, puis les prenant en mains, il se dirige vers la fontaine des ablutions purificatrices où il se lavera le front, la touche, les mains, les pieds. De là, il s’avance vers le Mirab - niche de toute beauté et riche d'ornementation, toujours orientée vers La Mecque - et là, il se prosterne par deux fois, puis, s'accroupissant sur ses talons, il rend hommage à Allah ou récite son chapelet, cinquante grains sur chacun desquels il répète le nom d’Allah. Quand il prie, le musulman est très recueilli et rien ne le distrait. De même est-il très religieux et ne se convertit à peu près pas au christianisme.

Le Coran qui l’inspire, lui enjoint cinq choses :

  1. D’abord la croyance en un dieu unique, Allah et en son prophète, Mahomet.
  2. De prier cinq fois par jour du lever au coucher du soleil à l'appel du muezzin qui l'invite du haut du minaret de la mosquée. Où qu'il soit, à ses affaires ou à ses plaisirs, le musulman offre sa prière cinq fois par jour à Allah.
  3. Une fois l’an, il jeûne tout un mois. Du matin au soir, il ne prend alors aucune nourriture. Le jeûne se termine par les ripailles du Ramandan.
  4. Il doit, si cela lui est possible, aller en pèlerinage à La Mecque, en Arabie, une fois au moins durant sa vie.
  5. Enfin il doit offrir des aumônes pour les indigents et aider à la formation religieuse des dix mille étudiants de l’Université de Al Arzhar, au Caire, où ils s'instruisent et se pénètrent du Coran.

Tel est le credo du musulman.

Tiré de L`Action Universitaire, Volume 6, numéro 1, septembre 1939

jerusalem la ville eternelle

La vieille ville de Jérusalem abrite une population d'environ 30 mille résidents à l'intérieur des murs d'enceinte. Photo : © Zvi Kaplan

murs de jérusalem

Les murs de la vielle ville s'élèvent jusqu'à 15 mètres de hauteur et furent élevés par Hérode en 20 avant J-C. Quelques pierres en ont été rajoutées lors de rénovations entreprises par les Mamelouks et les Turcs. Photo : © Zvi Kaplan

mur des pleurs

Au mur des pleurs. Photo : © Zvi Kaplan

église st sépulcre

Église Saint-Sépulcre. Photo : © Zvi Kaplan

plugat hacotel rue

Rue Plugat Haktotel dans le Vieux-Jérusalem. Photo : © Zvi Kaplan

toits de vieux jérusalem

Les toits du Vieux Jérusalem. Capitale du royaume hébreu depuis l'antiquité, la ville a depuis subi une succession de sièges et de conquêtes, en partie à cause de sa position stratégique, au carrefour de l'Est et de l'Ouest. Photo : © Zvi Kaplan

couloirs de jérusalem

Le nom de Jérusalem apparaît dans le récit biblique des migrations d'Abraham d'Ur à Canaan au XVIIIe siècle avant J.-C. Abraham y fut reçu par Melchisédech, roi de Salem, grand prêtre du dieu Salem, d'où le nom de Jérusalem, la ville de Salem. Salem signifie aussi paix : Jérusalem - ville de la paix. Photo : © Zvi Kaplan

promenade jérusalem

Une promenade le long des rues de la ville en pleine nuit. Photo : © Zvi Kaplan

centre de l'art de jérusalem

Centre de l'art de Jérusalem. Photo : © Zvi Kaplan

mamilla

Le centre commercial de luxe de Mamilla, une galerie marchande luxueuse par rapport aux échoppes du souk de la vieille ville de Jérusalem. Photo : © Zvi Kaplan

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