Voyage à Jérusalem de Francisco Guerrero

C’est le 14 août 1588 que le musicien sévillan Francisco Guerrero s’embarque à Venise pour Terre sainte. Cette aventure l’entraîne vers une mer infestée de pirates. Ce périple, le compositeur l’accomplit poussé par une foi inébranlable qui commande à tout croyant de visiter les saints lieux. De retour en Espagne, Guerrero publie son récit, empreint d’une gravité et d’une élégance exceptionnelles, qui place son œuvre au-dessus de la production palestrinienne.

En effet, la plupart de récits de ce genre ne brillent pas par leurs qualités littéraires dans la période la Renaissance. Outre l’aspect narratif, leur valeur est plutôt symbolique, les voyages en Terre Sainte faisant figure d’exploit dans une Europe guettée par les Turcs, qui viennent de verrouiller les portes de l’Orient. Le Voyage à Jérusalem de Francisco Guerrero, Chanoine et Maître de Chapelle de la Sainte Eglise de Séville,  paru en 1611, est pourtant une exception à la règle.

Tout comme sa production musicale, Guerrero est calme, profond, clément et austère. Le maître est doué d’une grande intelligence.

Francisco Guerrero est animé d’un certain charisme et juge de toute chose avec mesure. Sa ferveur religieuse n’est pas feinte. La piété profonde de l’Espagne renaissante, celle de Thérèse d’Avila ou de Saint Jean de la Croix, le musicien la ressent et l’exprime aussi bien par ses œuvres qu’à travers ses écrits.

D’ailleurs, il fait preuve d’un grand lyrisme et d’une sincérité sans pair. Cette  dimension de son affectivité est remarquable, montrant que l’inspiration peut naître à cette époque d’une émotion profonde, vécue selon toute apparence par le compositeur.

Une belle balance entre tradition et modernité humaniste se fait jour dans son discours. Guerrero est orateur et sait toucher son public pour « mieux faire entrer la sentence dans son esprit » (comme le dit le théoricien allemand Joachim Burmeister en 1606) et, comme le demandent Aristote ou Quintilien, il paraît ressentir lui-même les émotions qu’il suscite.

cite de david

La vallée de Térébinthe (aujourd'hui, la vallée d'Ela, près de la ville de Beit Shemesh), passée, nous commençons à gravir une grande côte, longue d'une lieue, qui débouche sur un plateau très rocailleux. La Cité de David a été construite sur une colline de calcaire en dessous laquelle l’eau a creusé des cavités karstiques. Photo : © Zvi Kaplan

colline olivier jérusalem

Jérusalem est toute entourée de collines ; elle se découvre entièrement du haut du mont des Oliviers, tandis qu'ailleurs on ne l'aperçoit guère. Les frères nous conduisent au monastère de Saint-Sauveur, couvent principal de la Terre sainte. Nous nous rendons à l'église, située dans le haut du bâtiment. Photo : © Zvi Kaplan

via dolorosa

Un autre jour, en poursuivant notre visite des sanctuaires, nous atteignons la Via Dolorosa, enfilade de rues qui menèrent le Christ à la mort, portant la croix sur ses épaules, depuis la maison de Pilate jusqu'au Golgotha. Photo : © Zvi Kaplan

mont sion

Une peu plus bas sur le mont Sion, près du rempart de la cité, saint Pierre a gémi et pleuré amèrement. Plus bas encore, nous arrivons à l'ancienne muraille, près d'une grande église et d'une sorte de monastère ; ces bâtiments - ou plutôt la partie que nous découvrons - paraissent fort beaux. Photo : © Zvi Kaplan

mosque aqsa

… C'est dans cete église que Notre-Dame fut présentée, comme tous les jeunes vierges. L'édifice est aujourd'hui une très importante mosquée, c'est la mosquée el Aqsa ; elle est érigée sur le site du Temple de Salomon, derrière l'enceinte. Photo : © Zvi Kaplan

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