La persistance de la mémoire

Les thèmes de l’espace et du temps s’entremêlent. Les mondes naissent vivent et meurent. La dure d’une vie humaine se compte en décennies, la vie du Soleil est d’une centaine de millions de fois plus longue.

Dans l’Univers, tout n’est pas qu’ordre et beauté. L’Univers ne se montre ni bienveillant ni hostile, simplement indifférent aux préoccupations des êtres chétifs que nous sommes. L’étude des galaxies révèle violence et chaos à une échelle insoupçonnée. Que nous vivions dans un univers où la vie est possible reste remarquable. Que nous vivions dans un univers qui détruit des galaxies, des mondes, des étoiles, n’est pas moins remarquable.

On note un taux de suicides élevé parmi les galaxies.

Comparés à une étoile, nous sommes des éphémères, de petites libellules dont la vie entière s’écoule en un seul jour. Du point de vue d’une étoile, un être humain n’est qu’une étincelle, une des milliards de vies brèves clignotant faiblement à la surface d’une boule de silicate et de fer, étrangement froide, anormalement compacte, insolite par son éloignement.

Dans tous ces autres mondes de l’espace, des événements sont en cours qui vont déterminer leur avenir. Il faut deux cent cinquante millions d’années à la Voie lactée pour faire une rotation et il nous faudra autant pour ne commencer qu’une humble exploration de l’Univers.

Pour tous les mondes qu’on peut découvrir dans la Vie Lactée, il y aura, dans un ciel riche en constellations exotiques, une étoile jaune peu lumineuse, presque impossible à voir à l’œil nu, perceptible seulement au télescope : la base de cette flotte de vaisseaux interstellaires explorant une infime portion de l’immense Voie Lactée. Et c’est cette étoile-là qui représente pour nous la persistance de la mémoire.

painting stars

J’ai en moi un besoin terrible … dirais-je le mot? … de religion. Alors je sors la nuit et je peins des étoiles (Vincent van Gogh). Image : © Megan Jorgensen

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