Le Second Cataclysme

Par Robert Howard, extrait des nouvelles Le Roi Kull

À l’est très lointain, coupé du reste du monde par la formation de montagnes gigantesques et celle d’une série de grands lacs, les Lémuriens travaillent durement, asservis par leurs maîtres très anciens.

Le sud lointain est toujours voilé de mystère. Préservé du Cataclysme, sa destinée est toujours préhumaine.

Des races civilisées du Continent Thurien, quelques membres de l’une des nations non valusiennes vivent parmi les collinnes du sud-est, les Zhemris. Ici et là, de par le monde, sont disséminés des clans de sauvages simiesques qui ignorent tout de l’ascension et de la chute des grandes civilisations. Mais dans le nord lointain, un autre peuple ne va pas tarder à apparaître.

À l’époque du Cataclysme, une bande de sauvages, dont le niveau n’avait guère dépassé celui de l’Homme de Neandertal, s’enfuit vers le nord pour échapper à la destruction. Ils trouvèrent des régions recouvertes de neige où vivait seulement une espèce de singes des neiges, des animaux immenses et féroces, à la fourrure blanche, qui, apparemment, étaient natifs de l’endroit. Ils les combattirent et les poussèrent au-delà du cercle arctique. Les sauvages pensaient que ces singes y trouveraient la mort. Mais ceux-ci s’adaptèrent à leur nouvel et rude environnement ; ils survécurent et prospérèrent.

Après que les guerres entre les Pictes et Atlantes eurent détruit les prémices de ce qui aurait pu être une nouvelle culture, un autre Cataclysme, de moindre ampleur, modifia l’aspect du continent originel ; une grande mer intérieure se forma, là où il y avait eu la série de lacs, séparant encore plus l’ouest et l’est, et les tremblements de terre, les inondations et les volcans achevèrent la ruine des barbares, entamée avec leurs guerres tribales.

Un millier d’années après ce second Cataclysme, le monde occidental a l’aspect d’une contrée sauvage de jungles, de lacs et de fleuves impétueux. Dans les collines couvertes de forêts du nord-ouest, vivent des bandes errantes d’hommes-singes qui ignorent le langage humain, ne savent pas allumer un feu et ne possèdent pas d’outils. Ce sont les descendants des Atlantes qui ont régressé et vivent dans un état bestial, au sein de la jungle chaotique de laquelle, des ères plus tôt, leurs ancêtres étaient sortis en rampant. Au sud-ouest vivent disséminés les clans de sauvages dégradés, habitant des cavernes, dont le langage est extrêmement primitif. Pourtant ils portent toujours le nom de Pictes, terme qui en est venu à désigner simplement les hommes eux-mêmes pour les distinguer des véritables bêtes féroces auxquelles ils s’opposent, en une lutte perpétuelle pour la vie et la nourriture. C’est leur seul lien avec leur condition antérieure. Ni les Pictes à l’aspect répugnant, ni les Atlantes simiesques n’ont de contact avec d’autres tribus ou peuples.

Loin à L’est, les Lémuriens, retombés dans un état bestial en raison de leur esclavage impitoyable, se sont révoltés et ont exterminé leurs maîtres. Ce sont des sauvages qui errent parmi les ruines d’une civilisation inconnue. Les survivants de cette civilisation qui ont échappé à la fureur de leurs esclaves sont partis vers l’ouest. Ils rencontrent alors ce mystérieux royaume préhumain, au sud, et le renversent, pour y substituer leur propre culture, modifiée au contact de l’autre, plus ancienne.

La Stygie : tel est le nom de ce nouveau royaume et, apparemment, les survivants de l’ancienne nation semblent avoir survécu : ils sont même vénérés, bien que leur race, en tant qu’entité, ait été détruite.

Ici et là, dans le monde, des groupes de sauvages, de faible importance, présentent les signes d’une irrésistible marche en avant : ils sont isolés et ne forment pas de clans. Mais au nord, les tribus grandissent et prospèrent. Ils portent un nom : ce sont les Hyboriens ou Hyboris ; leur dieu est Bori… Un grand chef qui vécut, selon les légendes, en des temps très anciens, bien avant le roi que les conduisit vers le nord, aux jours du Grand Cataclysme, dont les tribus ont seulement gardé le souvenir, déformé, au travers des mythes.

Ces tribus se sont répandues à travers le nord et certaines migrations s’effectuent même lentement vers le sud. Jusqu’ici elles ne sont entrées en contact avec aucune autre race ; leurs guerres ont été intestines.

civilisation et jouets

« Le but de toute civilisation est de faire de l’homme, bête de proie, un animal dompté et civilisé. » Friedrich Nietzsche (philosophe allemand, né 1844 et mort en 1900). Illustration : © Univers.GrandQuebec.com

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