La bataille d'Illa

La fin d’Illa, Par José Moselli

Je traversai la salle. Comme j’allais attendre la porte qui se trouvait au fond, celle-ci s’ouvrit. Une douzaine d’Illiens, parmi lesquels les biologistes et les psychologistes du Conseil Suprême, apparut. Virent-ils les hommes-singes ? Eurent-ils le temps ?

Ils furent entourés, poussés, renversés, anéantis.

Un rire sérieux, que je ne pus maitriser, me secoua ; j’eus un élan de sympathie pour les hommes-singes, qui, sans le savoir, venaient d’accomplir une œuvre de justice en exécutant les assassins devant leurs victimes.

Qu’ajouter encore ? Nous sortîmes du sinistre dortoir, antichambre de la mort. Nous parcourûmes des couloirs… Tous les Illiens que nous rencontrâmes, périrent.

Et nous réussîmes à atteindre les réserves de munitions.

Telle avait été la rapidité de nos mouvements que les Illiens lancés en notre recherche no devaient nous rejoindre que dans les caveaux des explosives.

Je choisis de bombes fracassantes et les distribuai à mes auxiliaires – c’étaient les seules armes dont ils fusent capables de se servir avec efficacité. Je réussis assez facilement à leur en expliquer les effets, alors en enseigner le maniement.

Hors des cryptes, des miliciens, des guerriers nous attendaient au passage. Nous fûmes criblés de bombes magnétiques, de projectiles de toutes les sortes, de grenades asphyxiantes.

Les hommes-singes, affolés, épouvantés, jetèrent au hasard leurs bombes fracassantes, se massacrant les uns les autres… Je réussis à entrainer une centaine à ma suite. Nous fonçâmes dans les couloirs à travers les Illiens épouvantés. Mais, en mesure que nous avancions, les rangs de ma petite troupe s’éclaircissaient terriblement. Les uns tombèrent, d’autres étaient tués, de nombreux revenaient en arrière, affolés, et étaient aussitôt abattus par les Illiens qui se reformaient derrière nous.

Bientôt, je ne fus plus entouré que de dix à douze quadrumanes, dont la plupart étaient blessés et frappés autour d’eux avec une rage aveugle, sans plus se rendre compte exactement de ce qu’ils faisaient.

J’étais perdu si plusieurs de miliciens qui nous combattaient ne m’eussent reconnu.

C’étaient d’anciens compagnons d’armes. Sous mes ordres, ils avaient combattu et vaincu les Nouriens. Je lus dans leurs yeux leurs sentiments.

Ils s’écartèrent pour me laisser passer. Tant que je vivrai, je n’oublierai ces fidèles, ces vaillants qui risquèrent les supplices pour sauver leur chef fugitif !

Dans les couloirs déserts je bondis. Tout mon calme m’était subitement revenu.  Pour un peu, j’eusse cru que je venais d’être le jouet dans cauchemar. Hélas ! je savais que si j’étais surpris ce serait la mort impitoyable !

Un officier de la milice surgit soudain devant mois, au détour d’une galerie. Ma lime-poignard s’incrusta instantanément dans sa gorge. Et, quelques instants plus tard, revêtu de l’uniforme de ma victime, je remontai sur les terrasses d’Illa.

C’était la nuit. Les ravages causés par les aérions de Nours étaient encore visibles. À quelques centaines de mètres de moi, j’aperçus l’immense tranchée qui avait permis de capturer et de détruire les tarières. Elle était encore béante.

bataille illa

Bataille d'Illa. Illustration : Univers.GrandQuebec.com

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