Univers parallèles

Feu invisible, Source de vie, Père des astres, Dieu inconnu, ô Maître de la Terre, ô Prince de l’Azur, ô Roi du Ciel, toi qui vis à la fois dans le frémissement des nébuleuses et dans le frisson du brin d’herbe ; ô Seigneur, accorde-moi la force de comprendre ton ordre éternel pour répandre sur la Cité-Reine et sur le monde qui l’entoure le foyer d’amour dont tu m’a brûlé… » (La Fin de l’Atlantis, Jean Carrère)

Quelles étaient les réalités de la vie ? médita Kull. L’ambition, le pouvoir, l’argent ? L’amitié virile, l’amour des femmes que Kull n’avait jamais connu, les batailles, le butin ? Qui était le vrai Kull ? Était-ce celui qui était assis sur le trône… ou bien celui qui, autrefois, escaladait les collines d’Atlantis, pillait les lointaines îles du couchant et éclatait de rire en contemplant les eaux vertes et grondantes des mers atlants ? Un homme pouvait-il être autant d’hommes différents au cours d’une seule vie ? (Le Roi Kull, par Robert Howard).

Nakura… Nakura… Le crâne du mal, le symbole de la Mort qu’ils vénèrent. Que savent ces sauvages des dieux d’Atlantis-au-milieu-des-eaux ? Que savent-ils des dieux invisibles et redoutables que leurs maîtres adoraient, de leurs rites secrets et majestueux ? Ils ignorent tout de l’essence invisible, de la divinité qui règne sur l’air et les éléments ; ils adorent un objet matériel à qui ils ont donné une forme humaine. Nakura fut le dernier grand magicien de Negari, encore gouverné par les Atlants. C’était un renégat ; il conspira contre son propre peuple et soutint la révolte des sauvages. De son vivant ils le suivirent ; à sa mort, ils le déifièrent. Son crâne décharné est conservé au sommet de la Tour de la Mort. De ce crâne dépendent les cerveaux de tous les habitants de Negari. (Robert Howard, La Lune des Crânes).

Les éternels soleils de la jeunesse lui apparurent en songe et il revit la vallée de Méros, ombragée par les myrtes, rafraîchie par le fleuve Zémander sur les rives duquel il se promenait le soir aux côtés de Nylissa, regardant naître dans les cieux les étoiles de l’été, regardant l’eau du fleuve – et les yeux de sa bien-aimée (Poséidonis, Clark Ashton Smith).

Un peu plus tard, tandis que je me traînais d’une rue à l’autre, le soleil se coucha de l’autre côté de l’île, et les étoiles apparurent bientôt dans un firmament de velours violacé. Ces étoiles étaient grandes et particulièrement brillantes et incomparablement nombreuses. De mon œil exercé de marin, je les examinai avidement – mais je ne pus repérer aucun des constellations auxquelles j’étais habitué.  Tout au plus crus-je reconnaître l’une ou l’autre distorsion ou élongation de guingois et le désordre s’introduisit dans mon esprit lui-même, tandis que je m’efforçais une fois encore de m’orienter. Quant aux habitants de la ville, je remarquai qu’ils étaient toujours occupés à des efforts similaires… (Clark Ashton Smith, La Lémurie).

Mon peuple avait maîtrise le rêve. Au moyen du rêve, les gens créent leurs propres mondes, y agissent selon leur gré, y vivent une vie après l’autre s’ils le veulent. Dans leurs rêves, ils modèlent monde après monde – et chacun de ces mondes a autant de réalité pour eux que celui-ci en a pour toi. Pourquoi s’en iraient-ils ou pourquoi sortiraient-ils pour se rendre dans ce monde unique alors qu’ils peuvent à volonté en créer des myriades bien à eux ? (Le Visage dans l’abîme. Abraham Merritt).

Elle a voulu s’adresser à des hommes assez intelligents pour la comprendre et, pour cela, elle fit de son message un véritable cryptogramme. Cette créature a surveillé avec bienveillance notre arrivée, elle nous a envoyé le renfort des bulles d’air, sans lequel nous n’aurions pu arriver à elle. Elle se disposait à nous accueillir en nous envoyant des messages successifs pour l’écran lumineux. (Aux tréfonds du mystère, John Flanders – Jean Ray).

Au cours des siècles, la nef fantastique où se réfugiait la dernière civilisation de Thulé voguait sous les eaux, dans une direction sempiternelle : les Hébrides, l’île où nous sommes, le Groenland. Cet itinéraire est immuable, je le sais et je n’ai jamais rien pu y modifier. En ces trois escales, elle émergeait parfois automatiquement, pas complètement pourtant aux Hébrides où, par un énorme couloir souterrain, elle arrivait dans un petit lac intérieur. (Le formidable secret du rôle. John Flanders – Jean Ray).

soruce de vie

La source de vie, notre monde est unique. Photo : Univers.GrandQuebec.com

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