Le Parana

Le Parana (Paraná en espagnol) s'écoule des hauts plateaux brésiliens vers l'Argentine pour se jeter dans l'océan Atlantique.

Le fleuve prend sa source au Brésil où il est formé de deux rivières, le Rio Paraniba et le Rio Grande. Il rejoint ensuite l’Iguazu, coule vers le Ponant et, poussé par les eaux du Paraguay, change d’orientation pour descendre vers le sud, charriant des nénuphars et des branchages le long des forêts somptueuses.

Long de 4 099 km, ce fleuve impressionne tant par l'impétuosité de son cours supérieur que par la largeur de son cours en Argentine. De sa source à son confluent avec le río Paraguay, il s'agit d'un cours d'eau de plateau avec cascades et rapides par endroit. À partir de ce confluent, le Parana devient un large fleuve de plaine qui serpente lentement en alimentant bras collatéraux, étangs et marécages, et formant de nombreuses îles.

La version officielle fait de Juan Diaz de Solis – portugais ou andalou, le premier Européen à avoir sillonné les eaux de l’estuaire, en février 1516. Cependant d’autres, comme Vicente Yanez Pinzon ou Americo Vespucci, avaient sans doute atteint cette région. Solis lui-même s’y serait aventuré en 1512 et donna le nom de mer Douce. Il pensait que cette vaste étendue d’eau limoneuse communiquait avec le Pacifique, découvert en 1513 par Nuñez de Balboa.

Un siècle et demi après les explorations de Sébastien Cabot et d’Alexo Garcia, la géographie de ce fleuve restait imprégnée de mythologie. On croyait à l’époque qu’aux sources les Indiens avaient construit les moulins où ils lavaient le minerai.

« À dire vrai, écrivait le père Saint-Colombe, qui prétendaient qu’il remonta jusqu’à Potosi, la source de ce grand fleuve et ses premières fontaines sont cachées aux mêmes Indiens tant ses eaux pénètrent avant dans des terres inconnues. »

La mythologie du Parana inspira le Bernin qui, au milieu du XVIIe siècle, sculpta une fontaine représentant sous forme allégorique les quatre plus grands fleuves du monde : sur la piazza Navona à Rome, on peut toujours admirer le Parana, la voie qui conduisait à la contrée de l’argent.

Avant de se déverser dans l’estuaire, le Parana se divise en plusieurs  bras : le Parana Guazu, si large que d’une rive s’aperçoit à peine l’autre ; le Parana Mini qui, par contraste, paraît petit ; le Parana des Palimiers (Parana de las Palmas).

L’estuaire a été considéré toujours comme un prolongement du rio Paraguay, si bien que l’on croyait que le Parana était le plus long fleuve du monde.

La beauté sauvage du delta est longtemps restée intacte. Aujourd’hui, malgré la pollution, les hors-bords, les moustiques, les guinguettes, ces lieux demeurent uniques. Les poissons y les loutres y abondent jusqu’à nos jours, mais jadis les  baleines, les chiens marins et d’autres mammifères marins fréquentaient l’estuaire.

le parana

Le Parana à la hauteur de Tigre. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

barco a aubes

Bateau à aubes sur le Parana. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

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