Invasion anglaise de 1807

À la fin du mois de juin 1807, les Anglais envahissent Buenos Aires pour la seconde fois. Cette fois-ci, le général Whitelocke débarque à Ensenada avec huit mille hommes. Santiago de Liniers qui vient de mettre en échec la première invasion anglaise, se replie vers le centre de la ville, après un premier combat dans le parc à bestiaux de Miserere (ce parc deviendra plaza Once en 1852).

Les Anglais attaquent la place aux taureaux de Retiro et la Plaza Mayore, laquelle résiste, mais la bataille fait rage autour de Santp Domingo. Le sang coule des gouttières de la demeure seigneuriale de la Virreina Vieja, à l’angle des rues actuelles de Peru et Belgrano. Dans la rue Cuyo, les femmes juchées sur les toits jettent de l’huile brûlante tandis que leurs enfants lancent des pierres sur les têtes des soldats ennemis.

Un sous-lieutenant de cavalerie, Jose Antonio Leiva, décide de déloger les drapeaux anglais du clocher de l’église. Le brave officier fait irruption à cheval dans le couvent des dominicains, monte sur la tour et, afin d’échapper aux Anglais, se jette dans le vide en tenant les deux drapeaux, parachutes de fortune qui amortissent tant bien que mal le coup. M. Leiva suivit à ce saut, qui lui vaut l’admiration de l’adversaire et en 1859, plus d’un demi-siècle après, Buenos Aires lui remettra une décoration.

D’autres habitants se sont également illustrés. Ainsi, Martina Cespedes, propriétaire d’une pulperia à Los Altos de San Telmo, réussit, avec ses quatre filles, à faire douze prisonniers anglais par la ruse et l’alcool. Un vieux picador, âge de plus de soixantaine ans, sous prétexte d’inviter à boire les Anglais, les soûlait et les tuait (la mort le rattrapera deux ans plus tard, sous la fourme d’un taureaux.

Les Anglais sont vaincus et pour célébrer la victoire, les autorités organisent un banquet dans la caserne des Catalanes. La joie gagne le peuple, resté dans la rue, et du balcon on lance des pièces de monnaie à la foule, puis on distribue des friandises et quatre outres de vin.

Pendant tout le siècle et une partie du siècle suivant, le 7 juillet, jour de la reddition de Whitelocke, sera décrété fête nationale. Les lieux qui ont été le théâtre des affrontements les plus décisifs changent de nom. Ainsi, la Plaza Mayor devient la Victoria ; le Retiro, d’où le mouvement de reconquête est parti, devient le Champ de Gloire. En hommage à l’aide apportée par des Noirs et des mulâtres, la place Monserrat s’appelle un temps place de la Fidélité. La place de la Piedad est nommée plaza Lorea, en souvenir d’Isodoro Lorea, tué par les Anglais avec son épouse.

criptes du cimetiere de Recoletta

Plus grande est la victoire, plus grand est le nombre de morts qui l'accompagnent. Le cimetière de la Recoletta. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

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