Immigration en Argentine

Au milieu du XIXe siècle, les élites intellectuelles quittaient Buenos Aires, mais des immigrants européens s’établissaient dans le Rio de la Plata. Depuis les années 1820, l’immigration anglaise n’avait fait que croître et beaucoup de Britanniques s’étaient installés comme colons dans la campagne argentine. Les Britanniques, qu’on appelait gringos, n'étaient pas bien vus par la plupart de péons des abattoirs et les gens du peuple. Par exemple, un boucher britannique de Buenos Aires mit en garde le voyageur Campbell Scarlett contre les provocations, car les Anglais étaient traités avec méfiance depuis qu’ils avaient occupé les îles Malouines. En 1845, le gouvernement déclara que tous les enfants de ces colons étaient des citoyens de l’Argentine et qu’ils avaient donc les mêmes obligations que les criollos.

Vers 1850, un grand contingent de Galiciens chassés par la pauvreté de leur pays arrive. Rosas les oblige à servir dans les milices armées et choisit deux d’entre eux, prénommés comme lui Juan Manuel, qu’il destine à devenir écrivains publics.

Les Basques, coiffés de leur béret traditionnel débarquent à Buenos Aires en grand nombre. Ces nouveaux venus sont bien accueillis grâce à leur réputation de travailleurs. Ces immigrants sont tout de suite employés dans les ateliers de salaison.

La route qui mène du port de La Boca à la ville est alors entourée de terrains vagues et marécageux. Ce trajet est parcouru par des cavaliers, des laitiers et des courriers maritimes. Un Français, Xavier Marmier, qui arrive à Buenos Aires dans les dernières années de la dictature de Rosas, est frappé par la nature sauvage, les troupeaux de bêtes en liberté, si proche de la cité. Sur le port M. Marmier regarde les commerçants qui s’agitent, les manœuvres qui déchargent des peaux et des bois, des caisses de fruits, des plumes d’Autriche et des peaux de jaguar. En face se dressent des habitations construites « sans tenir compte de la régularité monotone des cités ».

Xavirer Marmier est sans doute allé déjeuner à l’Auberge de la Marine, où un cuisinier français prépare des poulets et des gigots selon « toutes les règles de l’art ». La diversité sociale des habitations l’étonne. À côté d’une riche villa un malheureux a construit un toit de branchages où il habite avec sa famille. Plus loin, un pavillon chinois témoigne qu’un marin est allé en Extrême-Orient. D’autres résidents se contentent d’un misérable abri sur pilotis où, dans un espace de dix mètres carrés à peine, on a installé un lit et une table. En fait, la plupart de ces habitants sont des Basques et des Béarnais. D’après Marmier, ils ont amassé une petite fortune à force de privations. Un dimanche, il croît même reconnaître la chanson de Despourrins : Là-bas, dans la montagne…, entonnée par un Gascon. Ce jour-là, les ouvriers s’habillent avvec leurs costumes des Pyrénées et on les entend parler l’euskara. Tous ces Basques s’entraident et envoient régulièrement de l’argent dans leurs pays d’origine.

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La tour des Anglais dans le secteur de Retiro. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

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Un parc urbain de détente. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

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Le City portegne, le micro-centre de Buenos Aires. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

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