Sur les traces du baron Haussmann

Buenos Aires comme Paris de l’Amérique du Sud ou Paris austral

Les années 1880 allaient transformer Buenos Aires, ce grand four où viennent se fondre toutes les races de la Terre, en réplique australe de la Ville lumière. En effet, la ville étouffe dans le carcan étroit conçu par Juan de Garay, son fondateur.

L’étroitesse des rues héritée de l’époque coloniale lui confère, si l’on croit le guide Baedeker du début du XXe siècle, l’aspect d’une vaste prison, où un monde pléthorique se noie, ne peut marcher ni étendre les bras, ni respirer, parce que s’il essaie, le trottoir lui manquera sous les pieds, où il se fera écraser. Les femmes n’osent pas sortir et sont attaquées d’obésité. Sur la grande place de la Victoire, encombrée par les boutiques délabrées de la Recova, flottent des odeurs indignes d’une ville moderne.

Mais les élites font construire des hôtels particuliers, imitant ceux du parc Monceau ou de l’avenue du Bois de Paris. Le Français René Sergent, l’architecte de l’hôtel Camondo à Paris, conçoit le splendide hôtel Errazuriz (aujourd’hui, Musée de l’Art décoratif). À l’intérieur du palais, chaque salle est meublée dans un style différent, de la Renaissance à Napoléon 1 ; le salon Louis XVI est décoré avec des boiseries provenant de l’hôtel Le Tellier de Paris. Cet hôtel abrite aussi une galerie de tableaux exceptionnelle, réunissant des peintres français (Fragonard, Corot, Greuze, Manet, Vigée-Lebrun), ainsi que des maîtres espagnols dont le Greco.

D’autres palais comme le palais des Anchorena, qui a cent vingt chambres, le palais Ortiz Basualdo, démoli en 1969, le palais de la famille Paz (aujourd’hui siège du Cercle militaire) donne au nord de Buenos Aires une distinction unique dans toute l’Amérique latine.

Les grands hôtels de Buenos Aires n’ont rien non plus à envier à ceux de Paris, de Londres ou de New York.

La Belle Époque est celle de l’aristocratie argentine, avec ses fêtes splendides, les longs séjours en Europe, les représentations théâtrales, les loges du Colon, la patinoire du palais de Glace… Le film La Casa del Angel de Leopoldo Torre Nilsson et Beatriz Guido, tournée dans les années 1950, illustre ce monde clos de la bourgeoisie.

La France est à la mode et Buenos Aires l’est aussi, à Paris… Mais c'est toute une autre histoire…

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Déjà au début du XXe siècle, la rue Florida est célèbre pour ses cafés et ses salons de thé, ses librairies, ses galeries d’art et le très huppé Jockey Club avec sa rotonde Empire, symbole de l’oligarchie. Photo : © Univers.Grandquebec.com

francia monument buenos aires

À l’occasion de la célébration du premier centenaire de l’indépendance de l’Argentine, les Français enrichissent Buenos Aires d’une très jolie place, la plaza Francia, en surplomb de l’actuelle avenue Libertador, grâce à un monument d’Émile Peynot représenant le Génie, l’Agriculture, l’Industrie, les Arts et la Science. Ses bas-reliefs illustrent la Révolution et San Martin traversant les Andes. Photo : © Univers.Grandquebec.com

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La gare ferroviaire de Retiro, dont la structure métallique fabriquée à Liverpool, les verrières et les halls constituent l’une des plus belles réalisations d’architecture industrielle. Photo : © Univers.Grandquebec.com

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Avenue Quintana. L’image de Buenos Aires que le guide Baedeker présente aux touristes au début du XXe siècle est celle de la ville moderne. Photo : © Univers.Grandquebec.com

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Les abattoirs modernisés de Liniers, appelés Nueva Chicago, et d’autres quartiers, constituent un détour indispensable pour les touristes de la Belle Époque. Ces usines de mort hantent l’imagination des voyageurs européens. Ancien marché d’Abasto, aujourd’hui, un centre commercial très chic. Photo : © Univers.Grandquebec.com

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Le monument à l’amiral Brown – don des Irlandais à Buenos Aires, témoigne de ce « légitime besoin d’écrire l’histoire sur les places publiques que Clemenceau a remarqué en 1910. Photo : © Univers.Grandquebec.com

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Place Alsina. Photo : © Univers.Grandquebec.com

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Un bâtiment typique d'une institution d'enseignement. Photo : © Univers.Grandquebec.com

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Église de la Scientologie, rue Sargento Cabral. Photo : © Univers.Grandquebec.com

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