La fièvre des constructions

Tout au long du XIXe siècle, des améliorations sont apportées à la ville de Buenos Aires. On oblige les propriétaires les murs des maisons. Mais l’architecture coloniale n’est pas adoptée aux goûts modernes. Ainsi, un style nouveau, importé de l’Italie du Nord, s’impose, celui des maisons, pourvues de terrasses et de balcons avec balustrade – un certain nombre ont survécu même à la transformation urbaine de la fin du XXe siècle.

La fièvre des constructions s’est répand alors comme une épidémie chez les voisins de Buenos Aires. De plus, on continue à paver les rues au-delà du centre et à transformer les cloaques à l’air libre en égouts modernes, tâche qui prendra des années. L’éclairage au gaz fait des débuts timides en 1856, le long des rues Bolivar, Chacabuco et Victoria.

Pour mettre fin à l’imprécision du nom des rues, on pose des plaques de céramique, commandées à Paris, où le nom de la voie est indiqué en gros caractères. Les deux ruisseaux, celui de Granados et celui de Matorras, sont comblées, à la place, deux nouvelles rues sinueuses – la rue de San Lorenzo et celle de Tres Sargentos, au nord, et San Lorenzo au sud, tranchent sur le tracé régulier en damier. En 1856, le pont des Soupirs, si mal famé et qui menait vers les maisons closes, entre les rues Viamonte et Suipacha, est démoli. Des anciens marchés, lieux de rencontre du monde rural et des citadins, sont repoussés dans les quartiers périphériques : celui de la Conception est déplacé vers Independencia y Estados Unidos, ceux de Lorca et Montserrat à Once.

On construit près du port, à l’angle de 25 de Mayo y Corrientes, l’asile des Immigrants, et derrière la Recoleta un centre d’hébergement pour les mendiants, qui deviendra hospice de vieillards qui accueillera des patients jusqu’à la fin des années 1960.L’édifice a été transformé depuis et c’est là que l’on trouvera aujourd’hui un grand nombre de boutiques et de restaurants les plus branchés de Buenos Aires.

De nouveaux hôtels de luxe sont construits. Le plus célèbre, le Grand Hotel Argentino, à l’angle de la rue 25 de Mayo et de la place, donnait sur le fleuve. Bâti dans le style italianisant, cet hôtel était fréquenté par les élites qui y donnaient des banquets. Les publicités de l’époque vantent le luxe de ses salons, son cosmopolitisme (« on y parle toutes les langues »), ses installations balnéaires, confortables et élégantes.

La rue Rivadavia divisait jadis la ville en deux. Au nord, la rue Peru change son nom par Florida, lieu des élites élégantes.

viamonte

Rue Viamonte. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

rue corrientes

Rue Corrientes. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

suipacha

Rue Suipacha. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

calle cementerio

Recoleta. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

zone retiro

Retiro. Autrefois, la plage, étendue le long du rivage, était une voie de circulation des charrettes qui reliait le port de Buenos Aires à la ville. Les riverains y jetaient les déchets et les ordures, qui le courant finissait par emporter. Malgré la puanteur des charognes et les relents du fleuve, les lavandières venaient laver leur linge au bord de l’eau, où aux premières heures de la matinée s’élevaient des chansons, des cris, des rires, des disputes. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

Voir aussi :

Partager|