Le creuset argentin

De 1880 jusqu’au début de la Première guerre mondiale, l’Argentine connaît un développement sans précédent. Le e général Julio A. Roca, deux fois président du pays, et ses successeurs parachèvent la modernisation de l’Argentine commencée dans la décennie 1870. Très rapidement, le pays devient l’un des premiers pays producteurs de céréales. Le réseau ferroviaire, contrôlé en grande partie par des capitaux britanniques, unit le Rio de la Plata et l’immense arrière-pays. Les troupeaux de moutons qui peuplaient l’orée de Buenos Aires, sont repoussés en Patagonie, depuis que ce territoire a été arraché aux Indiens. Les champs de la pampa commencent à être cultivés par des immigrants qui s’établissent dans cette région déserte.

Dès la fin du XIXe siècle, Buenos Aires, la capitale, devient la ville la plus peuplée de l’Amérique latine, ayant largement dépassé Rio de Janeiro et Mexico. Selon les statistiques officielles, dans la seule année 1889, deux cent vingt mille immigrants s’y installent et ce processus ne se ralentit pas jusqu’au commencement de la Première guerre mondiale, mais après cette guerre, les migrations reprennent avec plus d’intensité encore. L`Argentine, et surtout sa capitale, dont l’éclaire fait oublier que le pays est presque vide, doit résorber une masse d’Européens, qui, proportionnellement au nombre total de ses habitants, est la plus dense qu’un pays d’immigration, même les États-Unis, ait supportée. Ces immenses foules d’étrangers modifient le mode de vie, les coutumes, l’alimentation, les loisirs, l’idéologie, la façon de parler…

Dans la première moitié du XXe siècle, les résidents étrangers en Argentine représentent un peu plus de la moitié des habitants. Les Italiens constituent la collectivité la plus nombreuse, mais il y a aussi des Ukrainiens, des Russes, des Juifs qui ont fui les pogroms et qui vont rejoindre des colonies agricoles de Santa-Fe, des Syro-Libnais qu’on appelle Turcs. Même quelques Africains ont débarqué à Buenos Aires, comme quatre Sénégalais, sujets du roi Moek de Dakar, détrôné par les Français. Leur prestance et l’exotisme de leur parure leur valent d’être photographiées pour une revue à grande diffusion, avant de gagner les plantations sucrières de Tucuman, où ils comptaient trouver du travail.

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Rue Talcahuano. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

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Un édifice typique de la zone de l'avenue Callao. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

monument a francia

Monument à Francia. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

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Palais de Justice. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

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Un monument au centre du cimetière La Recoleta. Photo : © Univers.GrandQuebec.com

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