La belle histoire du Christ des Andes
Paix sur la Terre

Il y a mil neuf cent soixante-six ans, un Sauveur naquit dans une étable. Et le monde n’est pas encore sauvé. La psychose de guerre y règne toujours et les nations n’ont pas réussi à s’unir dans une fraternité universelle et permanente sous le signe du Christ.

Il existe pourtant un précédent d’une union de ce genre et c’est une très jolie histoire : Les États de l’Amérique du Sud, au XIXe siècle, se faisaient continuellement la guerre. Seuls l’Argentine et le Chili ne s’étaient jamais battus entre eux, lorsqu’en 1889, n’arrivant pas à s’entendre sur des questions de frontières, ils n’envisagèrent d’autre issue qu’un conflit sanglant. Les armements étaient fin prêts, les navires de guerre sous pression la mobilisation allait être décrétée…

Quand l’évêque argentin Mgr Marcolino Benavente eut l’idée de monter en chaire pour y faire un ardent appel en faveur de la paix ; Mgr Ramón Ángel Jara, un évêque chilien s’empressa de l’imiter. Les deux prélats se mirent à péleriner de ville en ville dans leurs pays respectifs, prêchant la réconciliation. Ils opérèrent un retournement des esprits. Des pétitions couvertes de signatures par milliers furent envoyées aux gouvernants. Ceux-ci, touchés, ébranlés, réfléchirent aux maux effroyables que leur geste belliqueux entraînerait. Ils décidèrent de parler au lieu de mobiliser. En discutant, ils parvinrent à s’entendre et conclurent un traité d’arbitrage définitif.

Les deux Républiques réduisirent à l’extrême leurs armées, transformèrent leur cuirassés en bateaux marchands et supprimèrent le budget de la guerre.

Pour célébrer ce merveilleux événement qui faisait le bonheur de deux nations, on enleva les canons qui protégeaient les frontières, on les fondit et on en employa le bronze pour faire une immense statue du Christ. Réalisée par le sculpteur argentin Mateo Alonso, elle fut élevée dans les Andes, au point le plus haut de la limite qui sépare le Chili de l’Argentine. Le monument à Christ Rédempteur (Cristo Redentor) est situé au passage de Uspallata, à 3854 mètres d’altitude. C’est Mme Ángela Oliveira Cézar de Costa qui conçut l’idée. On transporta la statue d’abord par chemin de fer, puis on la fit trainer par des mulets vers le sommet ; et, là où les mulets ne pouvaient plus accéder, des soldats et des marins, au moyen de cordes, hissèrent la statue jusqu’à 4.000 mètres.

L’inauguration eut lieu le 13 mars 1904, en présence d’une innombrable foule de Chiliens et d’Argentins. On découvrit la statue et les deux peuples se recueillirent dans une ardente invocation à la Paix.

L’inscription gravée sur le socle de ce Christ dressé en plein ciel est ainsi libellée :

« Les montagnes s’écrouleront et seront réduites en poussière avant que les peuples du Chili et de l’Argentine oublient la promesse solennelle qu’ils se sont jurée aux pieds du Christ ».

Quel magnifique exemple que deux États du Nouveau Continent donnaient au monde entier !

L’oeuvre a été déclarée Monument Historique National et Patrimoine Culturel de la Nation par le gouvernement argentin en 2003. (Il y existe une réplique du monument installée à l’intérieur du Palais de la Paix, dans la ville de La Haya, où est le siège de la Cour Internationale de Justice).

christ redempteur

Monument du Christ des Andes ou Christ Rédempteur. Photographie des années 1920, cette image est du domaine public

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