Les chiens de Buenos Aires

Au XVIIe siècle, un voyageur, Reginaldo de Lizarraga, s’étonne de l’abondance du bétail et des chevaux dans la pampa argentine. À l’époque, les troupeaux étaient si grands que les marins fraîchement débarqués d’Espagne les prenaient pour des bosquets qui se détachaient sur l’horizon. En 1585, il y avait au moins 80 têtes de bétail en liberté dans la campagne environnante.

On extrait la graisse, abandonnant les carcasses, qui pourrissent au soleil. L’abattage du bétail est vite réglementé. Les vaqueros ne peuvent tuer plus de cent cinquante bêtes six fois par an, afin de permettre aux troupeaux de se régénérer.  Au fil des ans, le commerce des peaux devient une des grandes activités.

Les chasses aux vaches sauvages sont de plus en plus fréquentes, mais les troupeaux se multiplient d’autant plus que les Indiens ne les chassent pas. Seul les chevaux les intéressent parce qu’ils leur donnent une mobilité qu’ils n’avaient jamais eu auparavant. Le temps des famines est révolu.

Le pays s’anime au moment de l’abattage des troupeaux. Parfois c’est plus de cent mille peaux qu’il faut charger sur les navires appareillant pour l’Espagne ou pour des destinations illégales. Seuls les étrangers, comme le père Boucher, s’étonnent de l’ampleur du massacre.

Deux ou trois jours après l’abattage, il ne restaient des carcasses abandonnées des vaches que participer au carnage.

Les Portègnes redoutaient le jour où les chiens, ne pouvant plus se rassasier les bêtes, se jetteraient sur les hommes. La nuit était traversée d’aboiements interminables qui se répondaient les uns les autres.
Pour y mettre un terme, le gouvernement organisa une battue, mais les soldats, de retour de la chasse, furent accueillis par les enfants des faubourgs qui se gaussèrent des « vainqueurs de clébards ». Touchés dans leur amour propre, ils ne retournèrent plus à la chasse et le chiens de Buenos Aires continuèrent à inquiéter la population et à menacer les convois pendant des siècles. Jusqu’à aujourd’hui, les meutes de chiens parcourent les rues de la métropole argentine en quête des vaches sauvages.

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Une meute de chiens embusquée en attendant un troupeau de vaches sauvages. Photo : © Univers. GrandQuebec.com

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Esclaves des chiens de Buenos Aires. Ces pauvres femme ont été capturée et faits esclaves par ces terribles créatures canines, les vrais patrons de la grande ville. Photo : © Univers. GrandQuebec.com

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Une meute se prépare à manger une femme prisonnière. Photo : © Univers. GrandQuebec.co

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