Une vue plaine d’une terre ronde

L’établissement d’une bonne carte marine plane, facile à utiliser, impliquait la nécessité de trouver un moyen de représenter avec précision les surfaces courbes sur une carte plane. La réalisation de ce problème amorça le grand progrès technique de la cartographie du XVIe siècle.

La représentation d’une direction par une ligne droite impliquait la déformation de certaines portions de la surface terrestre. Les régions tempérées connaissent un trafic maritime particulièrement intense, il importait de réduire au minimum la distorsion de leur représentation cartographique. De nombreux essais se révélèrent infructueux mais Gerhard Mercator, savant et cartographe flamand, parvint enfin à une solution pratique. Sur cette projection de Mercator, réalisée par le cartographe hollandais Willem Blaeu, les régions polaires sont étirées au point de devenir méconnaissables, alors que les zones équatoriales conservent leurs proportions exactes. Pour remédier aux inconvénients de la méthode, la carte porte dans ses coins inférieurs des projections des régions polaires.

Remarquablement précises pour l’époque, les cartes de Blaeu étaient de surcroit produites avec le plus grand luxe. Semée de navires indiquant les principales routes maritimes, cette carte est enrichie sur ses bords de divers dessins ; des allégories représentant les quatre éléments (à gauche); les quatre saisons (à droite) ; le soleil, la lune, les planètes (à la partie supérieure); les sept merveilles du monde (à la partie inférieure).

Carte du monde de Blaeu

Carte du monde par Guillaume Blaeu, gravure, 1641, British Museum, Londres (Dereck Bayes)

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