Voyage de Vasco de Gama, conclusion

Voir le premier texte : Expédition de Vasco de Gama

En fin de compte, le 29 août 1498, Vasco de Gama décida que son séjour aux Indes ne pouvait guère lui rapporter davantage et il appareilla pour l’Europe. La traversée de l’océan Indien prit trois mois et le scorbut fit tant de ravages à bord des bâtiments que l’explorateur dut détruire le Sao Raphael dans les parages de Mombasa ; il n’avait plus assez d’hommes pour armer les trois navires.

Aucun incident major ne marqua le reste du voyage et, en septembre 1499, Vasco de Gama, après avoir parcouru 24 000 milles en près de deux ans, rentra à Lisbonne. Sur les 170 hommes que comptaient ses équipages au départ, il en restait 44.

À la nouvelle du succès de l’expédition, l’Europe réagit avec un mélange d’enthousiasme et d’inquiétude. Dans une lettre adressée à Ferdinand et à Isabel, le roi Manuel exprime sa jubilation : « le but major de ce voyage étant de servir Dieu Toupuissant, et aussi d’acquérir des avantages personnels, et lui a plu, dans Sa grande bienveillance, de favoriser leur voyage.

Un nouveau monde vient de s’ouvrir à l’œuvre missionnaire et, de plus », remarque Manuel avec exaltation, « chrétienté de cette partie de l’Europe pourra se procurer des épices et des pierreries ».

Cependant, les commerçants et les marchands, qui avaient mise sur la traditionnelle route des épices, en service depuis des siècles à travers la Méditerranée, étaient consternés. Selon leur habitude, les Portugais défendaient jalousement le secret des routes suivies par Vasco de Gama. L’Europe savait seulement qu’il avait atteint les Indes. À grand renfort d’espions et d’argent, les Européens – et surtout les Italiens – s’efforcèrent d’obtenir des détails sur la nature exacte du voyage. Le commerce mondial abordait une ère nouvelle.

Par ailleurs, une époque s’achevait. L’appareillage de Vasco de Gama de Malindi à destination des Indes mettait pratiquement un terme à la reconnaissance des côtes de l’Afrique entreprise par la Renaissance. En 1500, une tempête dérouta un navire de la seconde expédition vers les Indes, ce qui permit la découverte de Madagascar et au cours du sixième siècle, d’autres expéditions explorèrent en détail la côte orientale de l’Afrique du Sud. Certes nécessaires et fructueux, ces voyages n’eurent pas le même impact que les éblouissantes premières réalisées par Vasco de Gama au cours de l’entreprise qui avait pour la première fois amené des navires européens dans l’océan indien.

En atteignant l’Inde, le navigateur avait pris rang parmi les plus grands explorateurs. Pour vaincre les obstacles, la distance à couvrir, le difficile atterrage l’extrémité de la côte d’Afrique après un large proche en Atlantique, les violents courants contraires du Mozambique et de quelques autres lieux, il lui avait fallu faire preuve d’un courage, d’une science et d’un sens mo hors de pair, en un mot des qualités égalées seulement par son remarquable contemporain Christophe Colomb. Comme Colomb, Vasco de Gama contribua à donner aux Européens une conception du monde entièrement nouvelle. L’homme échappait à l’emprise des trois continents qu’il connaissait. Les océans s’ouvraient devant lui pour lui permettre d’explorer le monde et de l’exploiter.

art des Indes

« Ils nous jetèrent de l’eau bénite », lit-on dans le journal de bord, « et nous donnèrent un peu de cette terre blanche, dont les chrétiens de ce pays ont l’habitude de se frotter le front, la poitrine, le cou et les avant-bras… Des peintures murales représentaient de nombreux saints, la tête ceinte d’une couronne ; ces peintures étaient d’une certaine diversité et les uns avaient plusieurs bras, les autres des dents pointant d’un bon pouce » (Vasco de Gama)

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