Vents favorables

On s’aperçut que le trajet le plus rapide n’était pas toujours la ligne droite tracée entre deux points, mais l’un de ces longs corridors courbes, que balayaient les alizés ou d’autres vents réguliers. D’Espagne aux Indes occidentales, les navires suivaient l’arc des alizés de nord-est, qui les poussaient en trente jours des Canaries aux petites Antilles. En hiver, pour rentrer en Espagne, ils remontaient contre des ventes contraires jusqu’à hauteur des Bermudes, puis se laissaient  porter vers l’Europe par le flot continu des vents d’ouest dominants.

Dans l’océan Indien, la mousson, avec son renversement saisonnier conditionnait le trafic maritime. Un voyageur décrit la mousson comme « un flux de vent qui souffle pendant trois ou quatre mois de suite, sans interruption et sans changement de direction ». Un navire parti d’Europe à destination des Indes devait doubler le cap de Bonne-Espérance au début de l’été, pour se laisser porter à travers l’océan Indien par la mousson du sud-ouest. Cette « mousson d’été » bloquait tous les navires dans les ports indiens de la côte ouest, jusqu’à la fin de l’automne. La « mousson d’hiver » les libérait et, soufflant du nord-est, les emportait jusqu’à la côte d’Afrique. La découverte des vents favorables et des routes à suivre fut une œuvre pénible et de longue haleine, résultant des efforts des navires qui poussaient de l’avant et tiraient des bordées, tout en luttant contre l’inépuisable flux d’air. Ce ne fut qu’en 1565 que les marins apprirent à remonter jusqu’au 42e parallèle Nord, pour trouver des vents favorables à une traversée d’ouest en est de l’Atlantique au retour des Indes occidentales.

Vents favorables

Vents favorables. Photo : © Megan Jorgensen

Partager|