Signes prometteuses…

Un bout d’écorce, une plante, une petite branche, c’était souvent la mer qui apportait les premiers signes aguichants de la proximité de la terre. Enfin, s’élevait du gaillard d’avant d’un navire le cri qui annonçait au reste de la flotte l’apparition d’une nouvelle terre.

De fausses promesses de ce genre trompèrent sans cesse Christophe Colomb lors de son premier voyage en Amérique. Dans son journal du bord il note l’apparition de sternes et de phaétons qui, précise-t-il fermement et à tort ne « s’éloignent jamais à plus de 25 lieues de terre ». Même la vue d’une baleine l’emplit d’espoir, il croyait que ces animaux mammifères marins ne s’écartaient pas de la côte. Les algues qui dérivent dans la mer des Sargasse, bien à l’est des Bahamas, viennent de quelque île voisine, soutient Colomb.

Le grand navigateur acquit même la conviction de la diminution de la salinité de la mer. Chaque matelot s’efforçait d’être le premier à apercevoir les Indes et à remporter ainsi la prime, une pension annuelle qui correspondrait grosso modo à un salaire mensuel d’un ouvrier moyen à nos temps. Notons que le matelot Pedro Yzquierdo émit des prétentions à cette récompense que Christophe Colomb réclama et se fit attribuer. Furieux, Pedro Yzquierdo gagna par la suite l’Afrique et se fit musulman.

phaetons

« Quatre phaétons apportent l’annonce de la proximité de la Terre : un tel rassemblement d’oiseaux du même genre prouvait qu’il ne s’agissait ni d’égarés, ni de vagabondes » (Journal de Christophe Colomb, cité par Barthélémy de las Casas, 1492). Image : © Megan Jorgensen

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